Date de parution : 26/01/2012
Format : Broché
14,00 EUR
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Auteur(s) : Monique Rivet
Edition : Métailié
Le Glacis Laure a vingt-cinq ans lorsque'au milieu des années 50 elle est nommée, en pleine guerre d'Algérie, professeur de lettres dans un lycée d'une petite ville de l'Oranais. Cette guerre, qu'elle ne comprend pas, la désoriente, puis lui fait horreur. Elle ne comprend pas davantage la société qu'elle découvre, une société cloisonnée où les conformismes se côtoient en toute hostilité et qu'elle choque par la liberté de ses réactions ; d'emblée elle s'y fait des ennemis, au point de se mettre en danger. « Le temps où j'ai habité la ville était le temps de la violence. Le temps de ce que le langage officiel déguisait d'un intitulé pudique : les "événements", quand l'homme de la rue disait : la guerre. La guerre d'Algérie. Ce pays, je ne lui appartenais pas, je m'y trouvais par hasard. J'y étais de guingois avec tout, chose et gens, frappée d'une frilosité à fleur de peau, incapable d'adhérer à aucun des mouvements qui s'y affrontaient. Cette guerre, je ne la reconnaissais pas, elle n'était pas la mienne. Je la repoussais de toutes mes forces. Si j'avais eu à la faire... - s'il avait fallu que je la fasse, aurais-je pu la faire aux côtés des miens ' » Monique Rivet avant l'âge de Laure quand elle a écrit ce texte, vibrant, sobre et vital, témoin de son regard de femme très jeune sur une guerre que personne ne voulait reconnaître. Ce roman n'a jamais été publié auparavant.
Ce texte a été déposé sur le bureau d'Anne-Marie Métailié en juin dernier par une inconnue. Ecrit en 1955, son auteure n'avait jamais cherché à le faire publier. A une époque où employer le mot "guerre" était interdit, on peut légitimement se demander si ce roman (écrit de surcroît par une femme, chose très très rare) aurait trouvé un éditeur? Et si cela avait été le cas, tout laisse à penser qu'il aurait été censuré. Toujours est-il qu'Anne-Marie Métailié, saisie par ce personnage de femme qui choque son entourage par sa franchise, et par l'expression de son incompréhension grandissante face à ce quelle voit et entend autour autour d'elle, a pris la décision de le faire découvrir aux lecteurs d'aujourd'hui.
C'est avec une tendre naïveté que Monique Rivet, alors jeune femme insouciante et éprise de liberté, nous livre ses "événements" d'Algérie. Mutée dans l'oranais en tant que professeur dans un collège de filles, Monique Rivet va découvrir l'Algérie et son conflit que l'on n'ose pas encore nommé guerre. Son absence d'engagement et de parti pris dans ces "événements" auxquels elle ne comprend pas grand chose et qu'elle n'arrive pas à considérer comme siens, fera très vite monter des tensions. Les ragots deviendront de la délation et les relations amicales, un jeu d'alliance politique.
Le roman de Monique Rivet brille par sa sobriété et son élégance. un roman magistral et nécessaire.