Les avis de lecture de Annesophiebooks

Respirer le noir

(le 13/05/2022)

Un opus parfum frissons.

On avait pu le toucher, le regarder, l’écouter… cette année les auteurs rassemblés entre ces pages (et toujours sous l’excellente supervision d’Yvan Fauth) nous proposent de « Respirer le noir ». 13 auteurs, pour 12 histoires à couper le souffle. 13 conteurs qui aiment le noir et nous livrent des histoires à lire en apnée. - RJ Ellory montre qu’un parfum peut (r)éveiller la nature d’un homme. - Sophie Loubière prouve qu’une capacité hors du commun peut conduire à la folie. Ou à la triste réalité… - Franck Bouysse offre un texte dont l’odeur de soufre poursuit le lecteur. - Mo Malø crée une histoire aussi dure et belle que symbolique. - Dominique Maisons raconte une histoire qui pourrait se retrouver aux infos de 20h. - FX Dillard nous terrifie avec une intrigue dans laquelle chacun pourra s’imaginer… dans son pire cauchemar. - Adeline Dieudonné nous propose un voyage dans le passé dont nous ne revenons pas indemne. - Hervé Commère nous explique comment une vie ordinaire peut facilement basculer dans le monde d’après. - Vincent Hauuy nous projette dans le futur tout sauf idéal. - Jérôme Loubry se renouvelle dans une histoire où l’émotion est sublimée. - Chrystel Duchamp nous explique comment l’amour peut (terriblement) mal tourner. - Enfin, Barbara Abel et Karine Giebel font équipe pour une nouvelle à 4 mains furieusement actuelle et angoissante. 13 auteurs, 12 nouvelles. Toutes autour du thème de l’odorat, dont chacun s’est emparé avec des idées bouillonnantes et un talent incontestable. ???? ?????? ?????????? ? ???? ????????? ???? ?????’??̀ ?? ???? ???? ?’???????? ???? ??? ???? ? ???? ?????????? ??? ?????? ????? ?? ????????? ? Inutile d’aller plus loin, vous trouverez tout cela (et bien plus encore !) dans cet oppressant et sublime recueil.

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Chicagoland

Fabrice ColinSacha Goerg

(le 20/06/2021)

A ne pas rater !

Découvrir une adaptation graphique est presque toujours agréable. Mais découvrir une adaptation graphique d’un roman de RJ Ellory ? C’est que du bonheur ! Je ne savais pas du tout que celle-ci existait jusqu’à dernièrement. Heureusement le romancier en a fait mention au cours d’une discussion, et j’ai pu remédier à ce manquement en la commandant sitôt la conversation terminée. Et je l’ai bien entendu lue dès sa réception. Chicagoland, pour sa version roman, n’existe en France qu’en format numérique (Sonatine, please, on rêverait d’une édition papier !). Le principe de l’intrigue est simple, mais diablement efficace : fin des années 50, une jeune institutrice est retrouvée assassinée. Nous allons suivre, tour à tour, suivre l’histoire du point de vue de la sœur de la victime, du policier qui a mené l’enquête, puis de celui du tueur. Et comme souvent avec Ellory, les apparences peuvent s’avérer trompeuses. Pour la plus grande joie du lecteur ! 135 pages de plaisir pur. Le scénariste et le dessinateur ont su mettre en images l’atmosphère que l’écrivain parvient si bien à nous faire ressentir dans chacun de ses romans. Les dessins sont simples et très beaux, la palette de couleurs idéalement choisie et le scénario est parfaitement respecté. C’est vraiment une très belle réussite, et on referme ce roman graphique avec la même sensation de stupéfaction qu’à la lecture d’un roman papier classique. C’est donc une bande dessinée que je recommande sans hésitation. Elle a, en plus du mérite de nous permettre de découvrir une histoire peu connue de RJ Ellory (ce qui est déjà beaucoup !), celui de nous faire passer un excellent moment de lecture en attendant la parution de son prochain roman. Cette belle bande dessinée, Chicagoland, est éditée par les Éditions Delcourt, est a été publiée en septembre 2015. Vous pouvez donc facilement la trouver ou la commander chez votre libraire. Que dire de plus, puisque tout est bon dans cet ouvrage ? Juste, peut-être, deux mots : lisez-le !

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Demain les chats

PogNaïs Quin

(le 20/06/2021)

Demain les chats, la BD.

Bernard Werber avait rencontré un beau succès à la parution de son roman "Demain les chats", en 2016, rapidement suivi de deux autres tomes, constituants "Le Cycle des Chats" de l’auteur. Je n’avais pas encore pris le temps de lire cette trilogie, ni même le premier titre de celle-ci, et ayant beaucoup aimé la plume et les histoires de ce romancier il y a quelques années de ça (notamment avec son cycle des Dieux, celui des Anges, ou encore au travers de nombre de ses nouvelles), la sortie de cette adaptation en bande dessinée était l’occasion parfaite de retrouver son univers. Malheureusement, celle-ci n’a pas du tout fonctionné sur moi... L’idée est très bonne et j’étais pourtant persuadée d’adhérer à l’histoire de Bastet, qui, comme tout chat digne de ce nom, estime être d’une supériorité bien plus élevée que les autres espèces, y compris les humains. La trame ne tarde pas à lui donner raison, puisque, comme toujours, l’Homme n’a pas besoin d’aide pour courir à sa propre perte. Mais Bastet pense pouvoir améliorer tout ça, à sa manière. Oui, vraiment, je ne voyais pas comment ce genre d’intrigue aurait pu me laisser de marbre. Et pourtant... Je pense que l’erreur vient de moi : j’aurais probablement dû commencer par lire le roman avant de m’attaquer à son adaptation. J’ai vraiment l’impression que c’est entre la BD et moi que ça n’a pas fonctionné : je n’y ai (pour ma part) pas retrouvé le style de l’auteur, ni le genre d’atmosphère que je me souviens connaître de ses écrits. Les dessins sont beaux, aucun doute là-dessus, mais je n’ai pas réussi à me perdre à l’intérieur. Est-ce le trait ? Les couleurs ? Le fait que, fatalement, l’histoire est plus rapidement mise en place ? Peut-être un peu de tout ça. C’est pourtant une nouveauté que beaucoup de lecteurs ont appréciée et sur laquelle j’ai lu de nombreux beaux retours. De mon côté j’imagine que je dois être plus hermétique à la lecture d’une BD qu’à celle d’un roman, et je tenterai donc prochainement de me replonger dans les aventures de Bastet au travers de la trilogie écrite par Bernard Werber. Le mieux, comme toujours, est de vous faire votre propre avis en découvrant cette nouveauté.

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Le carnaval des ombres

Roger Jon Ellory

(le 04/06/2021)

Puissant et profond.

Pourquoi avez-vous si peur, agent Travis ? Michael serait bien en peine de répondre à cette question. Surtout qu’elle en entraîne fatalement une autre : de qui pourrait-il, ou plutôt devrait-il avoir peur ? Promu agent spécial senior, il se voit confier sa première enquête en solo. Pour cet homme rien ne compte plus que comprendre. Le quoi, le qui, le où et le pourquoi, sont ses moteurs, le respect et l’ordre, ses carburants. Car il existe une explication. Toujours. Ou pas ? Depeché à Seneca Falls il va pourtant se retrouver confronté à une enquête qui va fortement remettre en question toutes ses certitudes. Et risque même de faire dangereusement vaciller son esprit. Un cirque ambulant, une troupe étrange, des habitants aux réactions étonnantes et un cadavre retrouvé là sans raison apparente. RJ Ellory joue une fois de plus avec son lecteur en l’entraînant dans une intrigue subtile et aux multiples ramifications. Gros bébé de plus de 600 pages, Le Carnaval des Ombres pose son histoire en prenant son temps. Et c’est ce qui en fait son plus grand charme. Comme souvent, l’auteur ne se contente pas d’offrir une enquête à son lectorat. Pour lui, l’important n’est pas forcément le sujet, mais les êtres qui le composent. Il va être question de choix et de conséquences. De pouvoir et de secrets. De loyauté et d’Histoire. De souvenirs et de vérités. À l’échelle d’un homme, d’un groupe, ou même d’un pays entier. Le romancier aime se pencher sur cet aspect humain, Et nous offre ici un beau spectacle, porté par son imagination (mais pas que !) et servi par sa plume. La galerie des personnages est étendue sans être trop vaste. Et chacun est si parfaitement créé par l’auteur que nous avons rapidement l’impression de les connaître. L’atmosphère qui se dégage est, comme toujours avec lui, une réussite époustouflante ! Impossible de ne pas se croire réellement au fond du Texas, en milieu des années 50. J’ai adoré mes perdre dans cette longue intrigue se déroulant sur un temps assez court. J’ai adoré apprendre à connaître Michael, Laura, Chas et tous les autres. J’ai adoré retrouver cette plume exceptionnelle. Bref, j’ai adoré ce roman. Du Ellory pur jus !

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Toucher le noir

(le 04/06/2021)

Plongées dans les ténèbres.

D’après Dante Alighieri, l’enfer comporterait neuf cercles. Mais il se pourrait qu’il ait sous-estimé la chose... En tout cas les auteurs réunis dans ce recueil de nouvelles nous en proposent dix, et sincèrement chacune d’elle vaut largement un ou deux cercles du célèbre penseur italien. La couverture et le titre vous promettent du noir, et croyez-moi vous allez être servis ! Chacun à sa façon, ils nous proposent des histoires diaboliques totalement fascinantes. J’ai eu un gros coup de cœur pour celle de Michaël Mention. Vous passerez avec cette lecture les 28 minutes les plus longues et stressantes de votre vie de lecteurs. Benoit Philippon m’a, quant à lui, autant fait sourire que trembler. Solene Bakowski nous propose un conte noir magnifique et terrifiant. Valentin Musso nous offre une intrigue excellemment pensée et à la fin idéalement politiquement incorrecte. Maud Mayeras nous donne une de ses histoires dont elle a le secret et qui nous envoûte pour mieux nous sidérer à la toute fin. La nouvelle de Ghislain Gilberti, toute en ombres, ténèbres et faux-semblants, recèle bien des mystères. Celle de Jacques Saussey nous entraîne dans un lieu où le danger n’est pas là où on l’attend. Eric Cherrière, nous conte une troublante et sanglante histoire de famille. Danielle Thiery nous fait savoir que la musique n’adoucit pas toujours les mœurs, bien au contraire. Et enfin, Franck Thilliez et Laurent Scalese nous prouvent par A + B qu’une bonne trame peut se présenter... de différentes façons ! Bref, tout est bon dans Toucher Le Noir. Les intrigues, surprenantes et diverses, les plumes riches et plaisantes, les thèmes variés et inattendus... Comme dans les deux précédents recueils, les auteurs nous entraînent en quelques pages dans des mondes d’où ne ressortons abasourdis et conquis. Oh oui, c’est du noir, aucun doute là-dessus. Et il est là, à attendre d’être exploré sous toutes ses formes. À portée de main. Un texte c’est toujours du rêve mis en mots par des auteurs. À nous, lecteurs, revient seulement la charge de les visualiser. Et avec ce recueil vous n’aurez aucun mal à le faire. Une parution dantesque à ne pas rater ! Foncez !

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Qu'à jamais j'oublie

Valentin Musso

(le 04/06/2021)

Pas mal.

L’oubli est parfois une destination. Et le silence, un des rares moyens de s’y rendre. À bien regarder Nina Kircher, belle femme, veuve d’un photographe de renom et mère de Théo, rien ne peut laisser croire que de sombres secrets l’empoisonnement depuis des décennies. Et pourtant. Le jour où, sans raison apparente, elle tue un inconnu lors d’un séjour à l’hôtel, Théo comprend que ce qu’il a toujours pris pour de la pudeur ou du chagrin dans le regard de sa mère pourrait être tout autre chose. Et pour lui venir en aide, il va devoir chercher de quoi il s’agit. Même si c’est contre son gré. Valentin Musso a un vrai don pour créer des intrigues féroces axées sur des faits de société. Qu’à Jamais J’oublie en est un bel exemple. En plus de l’enquête, ce roman nous parle d’un sujet peu connu et pourtant d’une gravité phénoménale : les internements administratifs. Si la France a assez tôt mis fin à ces enfermements barbares, il n’en a pas été de même pour la Suisse, où ils se sont prolongés jusqu’en 1981. Derrière sa façade neutre, sage et tranquille, ce pays a toléré que des dizaines de milliers de jeunes personnes soient claquemurées dans des institutions où, bien souvent, le pire leur arrivait... Ce nouveau thriller a donc le double bénéfice de nous distraire ET de nous informer. Sur la forme, l’intrigue se tient parfaitement, et l’auteur s’est suffisamment renseigné pour que l’immersion du lecteur soit complète. Le rythme est bon, l’alternance des temporalités apportant comme toujours un plus non négligeable. Pour les personnages, même s’ils sont bien évidemment bien travaillés, il m’a manqué un peu de profondeur pour certains d’entre eux, ou du moins une humanité un peu plus soulignée. Mais ça reste un jugement personnel et qui n’enlève en rien tout l’intérêt du sujet de ce roman. La fin est bien pensée, comme souvent chez Valentin Musso. Elle est peut-être, cette fois, un peu plus politiquement correcte que ce qu’il sait nous proposer parfois, mais le sujet est tellement fort que je pense que ce choix est plutôt judicieux. Encore une belle réussite pour le romancier. Cette lecture rencontrera certainement un grand succès !

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La fureur des mal-aimés

Elsa Roch

(le 04/06/2021)

Style impeccable.

Elsa Roch est décidément toujours aussi talentueuse. Ce qui marque, ou en tout cas ce qui m’attire le plus, personnellement, c’est sa capacité à donner corps (et âme !) à ses personnages. Amaury Marsac en tête. Avec La Fureur des Mal-Aimés, elle parvient une fois de plus à nous entraîner dans une enquête terriblement sombre, qui souligne d’autant plus la douce lueur d’humanité de certains de ses protagonistes. Rien que ça, c’est déjà un bonheur. Le commissaire Marsac est à bout. En cette veille de Noël il réalise une fois de plus que les monde des « Ides » empiète de plus en plus dans son quotidien, et met à mal tout ce que la vie peut représenter beau. Il ne sait pas encore que d’ici quelques minutes, un voile de ténèbres va de nouveau s’abattre sur lui... La double temporalité apporte comme souvent un grand plus, et ajoute une belle profondeur à l’intrigue. Le thème est terrible mais malheureusement bien réel, et l’auteure l’amène et le traite de manière très juste. L’action se déroulant sur une semaine, le rythme est bien présent, et les chapitres (courts et intenses) nous poussent à tourner chaque page encore plus rapidement que la précédente. Le personnage d’Alex est magnifique, au sens large du terme. Et la confrontation entre Marsac et lui va les entraîner (et entraîner le lecteur) dans une course folle. Course contre la montre, contre les souvenirs, contre les douleurs, contre les terreurs, contre les apparences. Au bout de tout cela, pour Marsac, l’espoir de faire gagner la vie, et pour Alex, l’espoir d’oublier la sienne. Mais ces deux volontés seront-elles compatibles ? De Paris à Nice, de 1995 à nos jours, ça a été un vrai plaisir de me laisser emporter par La Fureur des Mal-Aimés. Si vous connaissez les romans précédents d’Elsa Roch, vous retrouverez ici toute la finesse, la délicatesse, la profondeur et la poésie dont elle sait faire preuve à chaque nouvelle histoire. Si vous la découvrez avec ce titre, nul doute que vous rejoindrez les rangs de ceux qui attendent ses nouvelles intrigues avec impatience. Pour les uns comme pour les autres, ce très très bon polar est à ne pas rater !

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Les heures furieuses : sur les traces du manuscrit perdu de Harper Lee : récit

Casey Cep

(le 04/06/2021)

Très enrichissant.

Et si on pouvait retourner dans les années 70 pour y suivre une enquête palpitante ? C’est précisément ce que nous propose Casey Cep avec son livre, Les Heures Furieuses. Dans les années 70, au cœur de l’Alabama, Harper Lee s’est déplacée pour assister à un procès qui retient l’attention du public : celui de Robert Burns, l’assassin du Révérend Maxwell. Il faut reconnaître que ce bon Révérend avait le don de côtoyer les ennuis. Surtout si l’on se fie au nombre de morts suspectes qui se sont accumulées dans son entourage proche... Quant à l’avocat chargé de la défense de Burns, c’était auparavant celui de Maxwell, toutes les fois où il a été plus ou moins suspecté dans ces disparitions troublantes. Pour l’auteure, l’occasion est trop belle, et elle décide d’enquêter pour comprendre les tenants et les aboutissants de toute cette affaire. Avec l’espoir d’en faire un jour son « De Sang Froid » à elle. Et pour y parvenir, elle va effectuer un vrai travail de fourmi. Les Heures Furieuses est un récit composé de trois parties : Le Révérend, L’Avocat, et L’Écrivaine. Chacune d’elle permettant de faire connaissance avec Harper Lee et les principaux personnages de ce fait divers retentissant, mais également de comprendre l’évolution de cette région des États-Unis, tant au niveau social que démographique ou politique. Casey Cep a réalisé un travail assez incroyable, et nous en offre, avec ce premier titre, le formidable résultat. Si Les Heures Furieuses peuvent se lire comme un roman, l’intrigue se présente comme une lecture d’enquête. C’est non seulement original, mais surtout particulièrement bien fait. En plus du fait divers en lui-même, nous apprenons également beaucoup de choses sur Harper Lee, que ce soit au niveau privé ou professionnel. Et c’est passionnant ! Le Révérend était-il une victime innocente ou un tueur multirécidiviste impuni ? De quel bois Maitre Radney est-il réellement fait ? Et, surtout, qu’est devenu le manuscrit de Harper Lee retraçant toute cette affaire ? Si vous souhaitez partir à la recherches des réponses à ces interrogations, emboîtez le pas de Casey Cep, elle s’occupera de tout le reste. 456 pages de réel plaisir de lecture !

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Le bonheur l'emportera

Amélie Antoine

(le 20/05/2021)

Une très belle lecture.

Un roman qui vous vrille et vous transporte. Loin et longtemps. Amélie Antoine a un don pour ça, et chacun de ses romans le confirme. Avec « Le Bonheur L’Emportera » elle puise dans ce vivier de drames véritables qu’est la vie, et nous conte une histoire aussi étincelante que poignante. Comme souvent avec cette auteure, je vous recommande de commencer votre lecture sans même prendre connaissance de la 4ème de couverture. Plus la surprise sera importante, plus le plaisir de lecture sera grand. De toute façon, le risque d’être déçu est inexistant. Ça, c’est dit. Avec ce nouveau titre, la romancière nous fait suivre la vie d’une famille sur une période d’un an. Sophie. Joachim. Maël. Mère. Père. Enfant. Une famille comme cent mille autres. Avec ses bonheurs et ses doutes, ses failles et ses certitudes. Une famille comme tant d’autres, qui pense que la vie va de soi. Jusqu’au jour où tout déraille. Découvrir et fondre devant l’évolution de Maël. S’enthousiasmer du caractère conciliant et aimant de Joachim. Se révolter face à la rigidité de Sophie. S’attacher incroyablement personnages, espérer, de chapitre en chapitre, que les choses s’arrangent. Que les choses changent. Et assister à LA scène. Celle qui vous broie le cœur. Tourner alors frénétiquement les pages, dans l’espoir d’une fin heureuse. Y sera-t-elle, cette fin ? Pour le savoir il vous faudra lire ce très beau roman. Une nouvelle fois l’auteure parvient à nous toucher, nous secouer, nous faire prendre conscience. Avec des mots simples et justes, qui frappent l’âme et résonnent à l’esprit, jusqu’à la dernière ligne. Et avec des thèmes toujours aussi forts, incroyablement humains. Alors, lancez-vous. Faites la connaissance de ces trois là. Ça pourrait être vous, ou moi. Ça pourrait être n’importe qui, et c’est bien pour cela que ce roman est si vibrant. Vivant. Une nouveauté à ne pas rater !

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George Sand : fille du siècle

Séverine VidalKim Consigny

(le 16/05/2021)

Superbe BD biographique.

Si j’ai l’habitude de dire que je suis difficile pour les romans, je suis encore bien plus sélective pour les bandes-dessinées. J’en lis d’ailleurs très très rarement. Pour celle-ci c’est évidemment le sujet qui m’a tout de suite intéressée : une BD retraçant la vie et l’œuvre de George Sand ? Il fallait absolument que je la lise. Et j’ai vraiment bien fait. Tout le côté biographie est très bien traité. On découvre Aurore tout enfant, avant que ne s’abattent les premiers malheurs qui jalonneront sa vie. Puis, page après page, on suit son enfance, sa jeunesse, son entrée dans le monde littéraire, ses amis, sa famille et ses amours. Et bien sûr sa transformation en George Sand. Tout y est très bien exposé, ses nombreux combats, ses premiers triomphes, ses choix, ses deuils, ses doutes, son imagination et son amour des lettres, qui sera sans aucun doute sa plus grande passion. Les dessins sont superbes, fins, presque délicats, comme enrobés de douceur. Et pourtant, ils dégagent une force brute, brillante, qui charme le lecteur, à l’image de l’écrivaine dont ils nous font découvrir la vie. Les dialogues sont excellents, plein de dynamisme et de simplicité, et les passages reprenant certaines phrases de l’autobiographie de George Sand ou de ses correspondances sont idéalement placés. Trouver une bande-dessinée de plus de 300 pages n’est déjà pas courant, mais en trouver une qui, en plus, est passionnante de bout en bout, c’est encore plus rare. Et c’est pourtant bien ce que sont parvenu à nous offrir Séverine Vidal, Kim Consigny et Les Éditions Delcourt avec « George Sand, Fille du Siècle ». Ceux qui ne connaissent pas, ou n’ont pas lu George Sand depuis longtemps, ont là une excellente raison et une bien belle manière de la découvrir ou de la retrouver. Quant à ceux qui connaissent son œuvre, ils replongeront avec plaisir dans leurs souvenirs de lectures en redécouvrant les moments et les situations qui ont donné matière aux romans de cette grande auteure. Un ouvrage magique et magnifique que je recommande sans retenue. À lire et/ou à offrir à tous les amoureux de littérature !

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1991

Franck Thilliez

(le 16/05/2021)

Coup de coeur.

Le nouveau thriller de Franck Thilliez rassemble à peu près tout ce que j’aime dans ce genre littéraire. Et le mélange est si bien fait que je vois difficilement comment son prochain pourrait me plaire davantage que celui-ci ! Pour les fans de l’auteur, 1991 concentre tout ce que l’auteur sait faire de mieux : intrigue diabolique, rythme d’enfer, personnages aux petits oignons et fin jubilatoire, il y a donc de très fortes chances pour que vous adoriez ce titre-là. Pour ceux qui ne le connaissent pas encore ou qui n’ont lu que ses one-shots, vous pouvez également y aller les yeux fermés : 1991 racontant la toute première enquête de ce flic pas tout à fait comme les autres, aucune crainte à avoir si vous n’avez pas lu les précédents titres parlant de Sharko. C’est même une excellente façon de faire sa connaissance ! Les romans de Franck Thilliez créent toujours un joli buzz à leur parution. C’est d’ailleurs parfaitement justifié, et comme pour le vin, il se bonifie d’année en année. 1991 en est la preuve parfaite. En 2021, parvenir à accrocher des thriller addicts en leur proposant une intrigue qui se déroule à une époque où toutes les technologies dont nous ne pouvons plus nous passer n’existaient pas encore, c’est une belle gageure. Et pourtant, une fois encore il arrive à nous embobiner dès les premières pages. À partir de là, perdez tout espoir de reposer ce livre avant de l’avoir terminé : vous n’en aurez ni l’envie, ni la possibilité ! Chamboulés, vous le serez certainement lors de certaines scènes. On sait avec quelle dextérité l’auteur aime jouer avec nos nerfs... et avec nos limites. Et pourtant, à chaque fois il parvient à les repousser un peu plus loin. L’enquête vous prendra aux tripes, et vous retournera l’âme de temps en temps, aucun doute là dessus. Elle se déroule 30 ans en arrière, mais n’est ni moins prenante ni moins sombre que les autres. Loin s’en faut. Ce petit voyage dans le temps à la suite du jeune Sharko est un vrai régal. Qu’il est bon de se retrouver loin de 2021 pendant quelques heures ! Alors, prêts à vous lancer dans ces 500 pages ? Si ce n’est pas encore fait, n’hésitez pas !

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Une toute petite minute

Laurence Peyrin

(le 16/05/2021)

Plein d'humanité.

Une petite poignée de secondes sont-elles suffisantes pour faire basculer un être ? Comment un moment aussi fugace pourrait-il impacter le restant d’une vie ? La réponse est simple : en ôtant celle d’une personne. Juste comme ça, elle est là, et l’instant d’après, elle n’y est plus. Le soir du 31 décembre 1995, Madeline va commettre ce geste terrible. Définitif. Incontrôlable. Et, surtout, inexplicable. En une minute, une toute petite minute, son étoile s’est éteinte, et son univers s’est retourné. Mais que s’est-il passé exactement à ce moment-là ? Vingt ans plus tard, Mad sort de prison après avoir insisté pour purger l’intégralité de sa peine. Pour autant, elle n’a jamais excepté de raconter à qui que ce soit ce qu’il s’est passé réellement pendant cette fameuse minute. Laurence Peyrin sait décidément très bien créer des personnages attendrissants malgré leurs failles. Que ce soit Madeline, Mira, Sarah, Dylan ou Ezra, on s’attache à chacun, tout en gardant en mémoire que nous avons encore beaucoup à découvrir sur eux au fil des pages... La double temporalité choisie par l’auteur nous permet, d’une part, de suivre Madeline à partir de sa remise en liberté et d’appréhender les changements à accepter avec elle, et d’autre part, de la suivre depuis la fameuse nuit, puis durant toute son incarcération. Et à mesure que les chapitres défilent, la Madeline d’avant nous permet de mieux cerner celle d’aujourd’hui. La plume est à la fois délicate et directe. Les chapitres se déroulant à Bedford Hills sont criants de vérité, parfaitement sombres, mais sans aucune exagération, et ne font que d’autant plus ressortir la luminosité et le sentiment de liberté de ceux se déroulant à Sag Harbor ou à Montauk. L’intrigue est fine, très joliment développée, et tient le lecteur jusqu’au bout. Le rythme est changeant, selon les lieux des chapitres, et s’accorde à chaque fois très bien aux situations vécues. Vingt années, aussi noires soient-elles, suffisent-elles pour se pardonner une seule minute de sa vie ? Durant 480 pages, rédemption et culpabilité se feront une guerre sans merci. Et si ça vous était arrivé à vous, qu’auriez-vous choisi ?

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Je ne suis pas encore morte : récit

Lacy M. Johnson

(le 29/04/2021)

Histoire d'une survivante.

Qu’il est délicat de chroniquer une telle lecture. Parce qu’il ne s’agit pas d’une fiction, mais bien de l’histoire de Lacy M. Johnson. Chaque lecteur percevra et vivra donc cette lecture en fonction de son vécu personnel, et, également, de son état d’esprit à l’instant T. Un récit romancé, sans romance, sans nuance, sans fioriture. Juste son histoire. Les faits tels qu’ils se sont déroulés. Un écrit à l’état brut. La poésie du texte est précisément dans l’absence totale d’intention d’enjoliver ou, au contraire, de noircir les faits. Elle se raconte, elle nous raconte, sans chercher à avoir notre aval, ni, surtout, notre pitié. Ça s’est passé. Elle l’a vécu. Elle le dit, sans essayer d’amoindrir le choc ou d’appuyer sur le rendu. Ses mots à elle, posés sur ses douleurs propres. Ses mots sur ses maux... Exercice cathartique ? Peut-être. Le meilleur moyen de sortir de l’enfer n’est-il pas d’en ouvrir les portes en grand ? L’offrir à tous, pour s’en libérer soi-même. Mais sans jamais se victimiser. Attention, victime, elle l’a été, le sera toujours un peu, par conséquent. Mais de pitié ou de compassion, elle n’en réclame aucune. D’où, peut-être, ce langage presque brutal, ces énoncés parfois cliniques. Il est difficile de mettre de la distance avec nos douleurs, les raconter c’est déjà beaucoup. Si en plus il faut les triturer dans tous les sens pour qu’elles soient moins effrayantes, elles n’en sortiraient que plus lancinantes encore. Montrer l’hématome, mais sans appuyer dessus. Raconter la blessure, c’est toujours la revivre un peu. Mais parfois ça peut aussi aider à en calmer la brûlure. Je ne suis pas encore morte est le récit d’une souffrance physique et psychologique intense, infligée par l’autre. Comme trop de victimes en subissent chaque jour. Alors il est nécessaire d’en parler, pour les expurger, pour les faire connaître, pour alerter sur leur existence. Tout mettre en mots pour toutes celles qui ne le peuvent pas. Ou qui ne le peuvent plus... Lire ce livre c’est comme écouter l’auteure. C’est se placer face à elle, prendre ses douleurs et ses cicatrices comme elles viennent. L’écouter elle, pour les entendre toutes. Parce qu’il le faut.

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La forêt des disparus

Olivier Bal

(le 29/04/2021)

Thriller pur jus.

Rien de tel qu’une balade en forêt pour s’oxygéner, se changer les idées... et accessoirement se faire assassiner si vous avez eu le malheur de choisir celle de Redwoods ! Si vous pensez avoir tout lu sur ce sujet c’est que vous ne connaissez pas encore Olivier Bal. Et qu’il vous faut découvrir La Forêt des Disparus. Rassurez-vous, nul besoin d’avoir lu L’Affaire Clara Miller pour savourer ce nouveau titre. Redwoods est la petite ville américaine typique. Isolée des immenses cités urbaines, elle est essentiellement peuplée par les descendants des premiers colons à s’y être installés. Bordée par ses plages d’un côté, et son immense forêt de l’autre, c’est presque une image d’Epinal. D’ailleurs, comme dans celle-ci, cette petite ville à l’allure presque parfaite cache une réalité bien différente. Comme tous ces touristes qui disparaissent dans sa forêt sans laisser la moindre trace... Le jour où la jeune Charlie vient se réfugier chez Paul Green, l’ancien journaliste comprend qu’il va devoir creuser les sombres secrets de la ville et de ses natifs. Lui qui s’était installé ici pour retrouver une vie paisible va devoir faire face à des horreurs bien plus terribles que toutes celles qu’il a déjà croisées. Car la forêt a ses secrets, tout comme les habitants ont les leurs. Olivier Bal s’amuse avec nos peurs les plus profondes, celles qui remontent à l’enfance, où le conte était la mise en garde que nos parents nous offraient avant de dormir. Une forêt multicentenaire, un village abandonné, une ville aux étranges coutumes, des habitants taiseux et des disparitions inquiétantes, voilà les ingrédients de ce thriller efficace et imagé qui vous embarquera dans une lecture effrénée. Le style de l’auteur est toujours aussi efficace, et le rythme, lui, totalement addictif. Certaines scènes vous donneront sûrement la chair de poule, et ça tombe puisque c’est le but recherché ! Si l’énigme a toute sa place, c’est surtout l’atmosphère qui m’a le plus marquée. Bien que j’aie préféré l’intrigue de Clara Miller, c’est clairement l’ambiance de la Forêt des Disparus qui me restera le plus longtemps en mémoire. Un thriller à découvrir. Frissons garantis !!

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La route des lucioles
20,50

La route des lucioles

Kristin Hannah

(le 29/04/2021)

Une belle découverte.

Les histoires d’amitiés marchent souvent très bien en littérature. Pour autant, si j’en apprécie certaines, j’ai rarement un coup de cœur aussi grand qu’avec celui-ci. D’ailleurs, est-ce le terme exact ? Je n’en suis pas certaine. Les émotions ont été si variées durant cette lecture que je crois que ça va au-delà de ça. Il faut savoir que je ne pleure jamais en lisant un roman. Aussi triste ou terrible soit-il, qu’il s’agisse de tragédie ou de thriller, mes yeux restent secs. Une fiction est une fiction, et il y a bien d’assez d’horreurs dans le monde pour que je n’aie pas besoin de liquider un paquet de kleenex à chaque lecture un tant soit peu profonde. Et pourtant, à mon grand étonnement (et, croyez-moi, il était très grand !), les larmes ont coulé en continu durant les 50 dernières pages de La Route des Lucioles... N’allez pas croire que ce roman est triste, il est même tout le contraire. J’ai beaucoup aimé faire la connaissance de Tully et de Kate. J’ai adoré les suivrez durant les décennies qui ont suivi leur rencontre, les voir grandir, évoluer, faire des choix, se tromper, se relever, se relancer, se soutenir, se déchirer, se chamailler, se bouder, se retrouver, se manquer... J’ai particulièrement apprécié toutes les références musicales qui jalonnent le livre, des musiques connues de tous, même si nous sommes nés vingt ans plus tard que nos deux amies. J’ai ri des nombreux traits d’humour parsemés au fil des pages. J’ai été attendrie par la douceur de Kate, tout autant que j’ai été agacée par l’égoïsme de Tully. Rien ne manque à ce roman. Tout y est pour que chaque lecteur puisse se retrouver, à un moment ou à un autre, à la place d’une des deux protagonistes, réveillant chez chacun des souvenirs d’enfance, d’adolescence, ou même des sensations beaucoup plus récentes. Mais les 50 dernières pages ?! En refermant La Route des Lucioles, je me suis demandé si Kristin Hannah aurait dû faire prendre une autre voie à son récit, mais en fait non ! Non parce que ça conclue en beauté un roman qui génère quantité d’émotions durant ses 490 pages. Un roman à découvrir et à lire sans hésitation, pour retrouver un peu de ce que nous avons été, un jour.

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20,50

Inconditionnelles

Marlène Charine

(le 29/04/2021)

Tout simplement excellent.

Un excellent thriller qui secoue son lecteur. Trois petites filles arrachées des griffes d’un prédateur. Trois mères prêtes à tout pour leur enfant. Une flic écorchée vive par la vie. Inconditionnelles est une lecture qui vous scotchera à votre canapé jusqu’à son ultime page. Parce que le seul sentiment qui puisse égaler l’amour que l’on porte à son enfant, c’est la haine que l’on ressent pour son tortionnaire. Et si l’on est certain que celui-ci n’a pas payé le prix, alors tout devient possible à un parent qui veut lui faire régler cette dette. Le précédent titre de Marlène Charine m’avait énormément plu. Il s’en dégageait déjà ce sentiment d’urgence qui pousse à tourner fébrilement les pages. Ce sentiment a été multiplié par dix avec Inconditionnelles. Exacerbé à l’extrême. Et j’ai adoré ça. Comment l’auteure parvient-elle à imaginer de telles intrigues ? Comment sa plume peut-elle contenir assez de talent pour nous les faire ressentir jusqu’au plus profond de nous ? Je suppose qu’il y a quantité de réponses possibles à ces questions, mais quelles qu’elles soient, le résultat est là, dans ce terrible et superbe thriller. Aussi ensorcelant que poignant. Garance, Cora et Blandine, trois mamans radicalement différentes, mais unies par un même sentiment : le besoin de justice pour la chair de leur chair. Romane, Mélie et Sam, trois petites filles, réunies par l’horreur dont seul l’humain est capable. Silke, une femme flic aussi forte que brisée, aussi droite que déboussolée. Et un Marquis insaisissable. Avec une alternance passé/présent qui cadence parfaitement le roman, l’auteure nous propose un thriller qui va très longtemps faire parler de lui. Ajoutez à cela : - Un rythme excellent, haletant, dès la première page. - Une trame impeccable et implacable. - Des personnages forts, marquants, vibrants. - Et, pour assembler tout cela, une plume brûlante et brillante. Inconditionnelles est un coup de poing dans l’estomac, mais pas seulement. C’est surtout une lente et profonde griffure au cœur et à l’âme, une secousse émotionnelle qui laissera sa marque, immanquablement. Renversant, bouleversant et addictif : Inconditionnelles est LE thriller à lire !

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Disparues

S.J. Watson

(le 29/04/2021)

Bon thriller.

Certains auteurs sont particulièrement doués pour écrire du thriller psychologique. Si ce genre a tendance à être un peu le « fourre-tout » du thriller, des plumes comme celle de SJ Watson permettent de lui redonner ses lettres de noblesse. Avec Disparues, l’auteur va encore plus loin que d’habitude dans l’exploration des méandres de la mémoire traumatique. Et il fait ça très bien. De plus, il parvient à créer une intrigue non seulement efficace mais également terriblement visuelle. Chaque personnage, lieu ou situation apparaît dans l’esprit du lecteur comme s’il lui était projeté sur un écran. Ce qui facilite d’autant plus l’immersion dans l’histoire. Si « Avant d’aller Dormir » avait bénéficié d’une adaptation tout à fait réussie, il y a fort à parier que « Disparues » parviendra sans mal à faire encore mieux. L’alternance passé/présent est comme toujours très bien organisée, et les extraits de journaux intimes et de dossiers médicaux amènent un vrai plus à la construction de la trame. Les twists sont nombreux, bien ficelés, et même si j’avais deviné dès le milieu du roman l’une des grandes révélations finales, d’autres m’ont réellement prise au dépourvu. Le style est direct, typiquement british, et le rythme très bien soutenu. Les protagonistes, torturés à souhait, vous feront partir dans un sens, puis un autre, sans possibilité de reprendre votre souffle. Les thèmes abordés sont forts : violences (physique et mentale), emprise, mal-être adolescent (mais pas que...), addictions, liens familiaux dysfonctionnels, culpabilité, manipulations et, bien évidemment, leurs conséquences psychologiques sur les personnages concernés. A titre personnel, j’aurais peut-être préféré qu’il soit un peu moins long (sûrement à cause du fait que j’en avais deviné une partie), mais on ne s’ennuie durant aucune des 444 pages de ce titre. En bref un thriller qui fait très bien son job et qui ravira les addicts du genre. En attendant une très probable adaptation plus que prometteuse, je vous recommande donc ce nouveau titre qui souligne une fois encore le talent de SJ Watson.

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Intuitio

Laurent Gounelle

(le 29/04/2021)

Original et prenant.

Intuitio, c’est un peu le roman que l’on n’attend pas et que l’on est très heureux de rencontrer sur son chemin de lecteur. De mémoire, je n’avais pas encore lu de livre de Laurent Gounelle. Grâce à ce nouveau titre c’est maintenant chose faite et j’en suis ravie. Thriller initiatique, policier soft, roman contemporain énigmatique, il est un peu tout ça à la fois, et donc assez unique en son genre. Les thèmes abordés sont à la fois actuels et intemporels, mais surtout profonds et très bien exploités. Les personnages ressemblent à tout un chacun mais sont tous singuliers à leur façon. L’intrigue, elle, est prenante, intelligemment présentée, et son déroulé crée sans mal une évidente addiction. Timothy est un auteur de romans policiers quelque peu solitaire. Pourtant, un jour, le FBI sonne à sa porte pour lui demander son aide : un homme fait régulièrement s’écrouler des tours de bureaux, et ils aimeraient qu’il rejoigne l’enquête et se serve de son intuition pour arrêter démasquer le coupable. Sauf que, si Tim est un créatif, c’est aussi un être profondément rationnel. Autant dire que, pour lui, ces histoires d’intuition ne sont que poudre aux yeux. Et pourtant... Étant moi-même très cartésienne, j’avoue faire partie du grand nombre de personnes qui restent assez hermétiques à ses sujets. Pour autant, s’il y a bien une chose à laquelle je crois, c’est l’instinct. Et l’intuition, telle que l’auteur la présente ici, n’est autre que la capacité à écouter et développer cet instinct que nous avons tous, et que nous suivons bien trop rarement. Il n’est donc nullement question dans ce roman de pouvoir magique ou de dons paranormaux, et c’est ce qui fait de ce polar un livre parfaitement cohérent. L’avantage de cette approche est que ce nouveau titre plaira tout autant aux aficionados de romans policiers qu’aux fans de littérature contemporaine, ainsi qu’à tous ceux qui apprécient les livres de développement personnel. Un très bon moment de lecture qui nous permet, durant ses presque 400 pages, de lâcher la bride à nos esprits terre à terre. Sans compter qu’on y apprend quantité d’informations plus qu’intéressantes. Lancez-vous, et laissez-vous porter !

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Tout le bonheur du monde

Claire Lombardo

(le 29/04/2021)

Excellent roman.

Faire connaissance avec la famille Sorenson c’est embarquer pour une aventure littéraire qui vous procurera mille sensations différentes. Un bain de jouvence sur papier. Les 700 pages qui composent ce roman nous font découvrir, sur une période d’une quarantaine d’années, les bons et les mauvais moments de cette étrange famille, à la fois fusionnelle et dysfonctionnelle. David et Marilyn, les parents. Amoureux comme au premier jour, bien souvent au grand désespoir de leurs quatre filles. - Wendy, la rebelle, la cynique, la blasée, l’incomprise. De quoi faut-il avoir souffert pour devenir ainsi ? - Violet, la sage, celle à qui tout réussit, le modèle parfait. En façade en tout cas, parce que dans les faits, ses secrets ne sont-ils pas trop lourds à porter ? - Liza, « l’enfant-tampon », celle du milieu, qui évite les vagues et ne fait pas de bruit. Mais quel est le prix à payer pour cela ? - Grace, la petite dernière, le bébé de tous, celle qu’on cajole et qu’on protège. Figée dans cette posture, comment peut-elle trouver sa place ? En parvenant à aborder de multiples sujets sociétaux, l’auteure et sa plume nous font engloutir ce délicieux romans et nous laissent un souvenir marquant et profond, tendre et amusant. Mille sourires et mille soupirs accompagneront cette lecture. Drôle, émouvante, intelligente, interrogeante, cette histoire vous fera vivre des montagnes russes émotionnelles. Le rythme est impeccable, et le jeu passé/ présent est idéalement orchestré. Quant aux personnages... Vous aurez des préférences, c’est obligé, mais comme souvent, ils se complètent si bien que vous ne pourriez vous passer d’un seul. Pour ceux qui aiment les séries télé, Tout Le Bonheur Du Monde est le mix parfait entre « Brothers & Sisters » et « Parenhood ». Je vous laisse donc imaginer le plaisir que l’on prend à cette lecture ! Claire Lombardo a si bien réussi ce premier roman qu’il est déjà en cours d’adaptation par HBO. Et si la série à venir est ne serait-ce qu’à moitié aussi bonne que le livre, on n’a pas fini d’entendre parler de la vie des Sorenson. Et ça c’est une très bonne nouvelle. À lire sans délai, parce qu’il fait du bien, au cœur et à l’esprit.

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Murder game

Rachel Abbott

(le 29/04/2021)

Cosy crime.

Murder Game regroupe tous les ingrédients d’un très bon cosy crime : un mariage réunissant d’anciens amis perdus de vue, une grande et belle maison donnant sur la mer, des mensonges calculés, des secrets inavouables... et un meurtre. L’intrigue coche toutes les cases du genre, le talent de l’auteure se charge du reste. Et ça fonctionne. Si je suis restée sur la retenue durant les 150 premières pages, j’ai compris par la suite pourquoi Rachel Abbott avait voulu prendre son temps pour installer son histoire et ses personnages. L’ambiance colle parfaitement, surtout durant la deuxième moitié où le rythme s’accélère lorsque l’on rentre enfin dans le Murder Game. Il devient alors plus soutenu durant cette seconde période, ce qui est vraiment appréciable. J’ai deviné, dès la page 200, qui était le coupable, mais cela n’a rien enlevé à l’énorme surprise finale que nous réserve l’auteure. Celle-là, par contre, je ne l’avais absolument pas vue venir tant Rachel Abbott a su se jouer de moi avec brio ! Les neuf personnages autour desquels l’histoire prend forme ne créent aucune confusion dans l’esprit du lecteur. Ils ont chacun des caractères différents, et des spécificités propres, tant physiques que morales, qui empêchent toute confusion. J’aurais par contre préféré que cela reste un huis-clos strict, sans implication de l’enquêtrice Stephanie King. En refermant ce thriller, on ne peut s’empêcher de penser qu’une adaptation pour le cinéma pourrait rencontrer un grand succès, tant pour l’intrigue que pour l’atmosphère qui s’en dégage. L’auteure nous propose donc un nouveau thriller qui rencontrera sans aucun doute un franc succès, même si, de mon seul point de vue, j’aurais préféré une première partie de roman plus rapide et surtout plus immersive. Comme la deuxième partie répondait à toutes mes attentes, et que l’une des révélations finales m’a réellement surprise, je le conseille à tous les amateurs du genre, qui y retrouveront tout ce qui fait la renommée de Rachel Abbott.

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Trois

Valérie Perrin

(le 03/04/2021)

Delicatesse et profondeur.

Trois, c’est le roman de l’amitié, de sa force et de ses failles ; celui des relations humaines, dans ce qu’elles ont de plus beau et de plus sombre ; celui des secrets, de leur nécessité et leurs conséquences... Trois, va vous parler de la vie, de la mort, de sacrifices, de musiques, de joies intenses et de chagrins incommensurables. Trois va vous offrir des sourires et des larmes, des rires et des peines, de la nostalgie et de l’espoir. Trois c’est, avant toute chose, Nina, Étienne et Adrien. Trois, c’est l’enfance, l’adolescence, le passage à l’âge adulte, les choix et les errements de ces trois êtres si différents et pourtant si complémentaires. Profondément humains, idéalement imparfaits, chacun d’eux éveillera chez le lecteur un sentiment de connexion, spirituelle ou sentimentale. Nous avons tous, ou nous avons tous eu, un peu de ces trois-là en nous, pour le meilleur ou pour le pire. Pour ma part, je me suis en grande partie retrouvée en Nina. Sa passion des animaux, son sens de l’amitié indéfectible, sa douleur face à la perte d’êtres aimés. Le sentiment d’attachement qui se crée au fil des pages est à la fois un plaisir et une souffrance. Plaisir parce que nous les découvrons, les suivons et les soutenons, comme des amis que nous nous serions faits depuis la plus tendre enfance. Et souffrance parce que nous vivons leurs drames à leurs côtés, mais surtout parce que l’on sait déjà qu’il nous faudra les quitter une fois le livre terminé. Ce roman a été un très beau coup de cœur, tant pour l’histoire que pour les personnages. Mais ça a été encore un peu plus que cela. Un moment partagé avec eux, comme un bout de vie en commun, qui produit un vide étrange, presque physique, quand il prend fin. Valérie Perrin, que je découvrais pour la première fois avec ce titre, a su créer un roman puissamment humain, fondamentalement social et incroyablement juste. Les différentes intrigues, la profondeur des protagonistes, la construction des chapitres avec l’alternance des temporalités, en font un livre particulièrement addictif. 665 pages qui défilent trop vite, que je relirai avec le même plaisir, et que je recommande à tous, sans exception.

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Les enfants sont rois

Delphine de Vigan

(le 30/03/2021)

Roman d'utilité publique.

Attention, ce roman est édifiant et hautement addictif ! Avec « Les Enfants sont Rois » Delphine de Vigan nous propose une lecture qui parlera à tous. Parce que ce qu’elle nous narre, c’est notre société actuelle. Parce que ceux qu’elle met en scène, c’est vous, moi, tous autant que nous sommes. Parce que ce qu’elle éclaire de sa plume, se sont les zones d’ombre que nous laissons s’installer sans rien dire. Parce qu’en mettant des mots dessus, des mots justes et efficaces, elle nous offre un roman d’intérêt général. Parce que si, après cette lecture, nous refusons de nous poser les bonnes questions, alors c’est que nous ne valons pas mieux que Mélanie Claux... Sammy et Kimmy pourraient être mes enfants, vos enfants, les enfants de n’importe qui. Malheureusement pour eux, ce sont ceux de Mélanie. Que vaut le bonheur d’un enfant, comparé à un narcissique besoin d’être connu, reconnu, aimé, suivi ? Que vaut le bonheur d’une famille, quand celle-ci n’a pour but que de vous donner toujours plus d’abonnés ? Que vaut notre société, celle qui laisse entendre que l’important c’est d’être « vu », quel qu’en soit le prix ? Et que valons-nous, en tant qu’êtres humains, quand nous laissons de telles choses se produire ? Voire, que nous les soutenons en nous abonnant à ces personnes sans scrupule ? Cette histoire m’a interrogée, bouleversée, énervée, sidérée. En tournant la dernière page je n’ai pas pu m’empêcher d’aller vérifier sur certaines « chaînes » si tout ce qui était écrit était réellement possible... Et ça l’est. Ça l’est à tel point qu’apparemment pour certains, c’est devenu la norme. C’est affligeant. Et surtout très grave. Ce roman est à lire parce que l’histoire est excellente. Parce que la plume est parfaitement accordée. Parce que tout y est vrai, même si c’est une fiction. Parce qu’il est temps d’ouvrir les yeux. Parce qu’il est encore temps de changer les choses. Et surtout parce qu’il est urgent de le faire. Merci, Mme De Vigan, pour ce coup de semonce. Effrayant mais nécessaire. Lisez-le. Offrez-le. Recommandez-le. Vite.

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Les somnambules

Chuck Wendig

(le 30/03/2021)

Un régal !

Les Somnambules, de Chuck Wendig, est typiquement le genre de lecture que vous ne pouvez plus lâcher une fois commencée. Je suis une lectrice avide de nouveautés autant que de classiques. Toutefois, tout ce qui touche au post-apocalyptique ou à la dystopie m’attire en général assez peu. On a tous vu tellement de films et séries que j’avoue que je trouve souvent (hormis quelques incontournables du genre qui sont géniaux) que ce genre se répète un peu. Mais pas ici. En toute franchise, le fait que le roman soit édité chez Sonatine y a été pour beaucoup : je suis une fan inconditionnelle de leur catalogue et certains de leurs auteurs comptent parmi mes chouchous. J’ai donc voulu tester. Et j’ai drôlement bien fait. Ça tient également au fait que cette intrigue va (selon moi) au-delà d’un seul genre. C’est du post-apo, mais c’est aussi une roman sociétal, familial, initiatique, écologique, mais surtout une très belle mise en scène et représentation de notre société actuelle. Et, le plus fort, c’est qu’il parvient à être tout cela sans tomber dans un excès ou un autre. L’intrigue a été écrite antérieurement à l’apparition de virus avec lequel nous apprenons à vivre aujourd’hui, donc n’ayez aucune crainte : ce roman ne surfe absolument pas sur cette vague de tendance que l’on peut retrouver dans certains titres récents. L’auteur a juste su voir un peu plus loin, un peu plus tôt, et rien que pour ça, il mérite largement d’être lu. Les personnages, l’atmosphère, la trame, tout est travaillé de façon à nous immerger dès les premières pages dans cette aventure hors du commun. Quant au style, il colle parfaitement au reste et on y adhère avec une facilité déconcertante pour un premier roman. En bref, Les Somnambules a été un TRÈS gros coup de cœur pour moi, et ce malgré les réticences dont je parlais plus haut. Ici l’auteur ne se contente pas de nous proposer un remake du Fléau, de Walking Dead ou de Leftovers, il crée une œuvre personnelle et indépendante. Et si certains passages nous font penser à un roman antérieur, c’est dans l’unique but de souligner le sujet. C’est une lecture que je recommande fortement et à tous. 1165 pages de régal absolu !

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Tous les noms qu'ils donnaient à Dieu

Anjali Sachdeva

(le 30/03/2021)

Recueil coup de coeur

Neuf nouvelles, aussi différentes que passionnantes les unes que les autres. Passé, présent, futur, sur un continent ou sur un autre, chacune d’elle raconte une histoire profonde et délicate. Avec Tous les Noms qu’ils donnaient à Dieu, Anjali Sachdeva nous offre une galerie de personnages étonnants et attachants, complexes et humains. Impossible, bien entendu, d’écrire un résumé puisqu’il s’agit de nouvelles. Je ne peux donc que m’attarder sur le style et tout ce qui s’en dégage. Et rien qu’à ce sujet il y aurait déjà tellement à dire... En refermant un recueil j’ai toujours pour habitude de me demander quelle nouvelle retient ma préférence. Ici je suis bien incapable de le dire avec certitude, car elles renferment toutes un message ou une image étonnamment saisissant(e). Il va être question de mythes, de croyances, de sciences, de magie, d’Histoire et d’avenir, des sujets aux antipodes les uns des autres et qui, cependant, s’emboîtent avec une justesse et une élégance rares. La plume est belle, sans fioritures, et pourtant d’une beauté poétique difficile à imaginer. Le genre de recueil qui réclame au lecteur d’ouvrir son esprit sans poser de question, et qui, en contrepartie, lui offre une multitude de possibilités en lui ouvrant les portes sur des mondes insoupçonnés et néanmoins parfaitement envisageables. La couverture du livre illustre d’ailleurs à la perfection le ressenti du lecteur durant ces 273 pages. Pleine d’espoirs ou profondément noire, chacune de ces neuf nouvelles vous entraînera sur un sentier que vous ne regretterez pas d’avoir emprunté, et dont vous garderez un souvenir marquant. Un recueil différent, magnifique et magnétique, aussi sombre que lumineux, qui vous ouvrira des perspectives qui tour à tour vous feront rêver ou trembler. Un premier ouvrage parfaitement abouti, et qui ne peut que nous donner envie de suivre cette auteure de très près. À découvrir sans tarder, pour réfléchir, rêver et s’évader.

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