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Chemins

De Michèle Lesbre chez Sabine Wespieser éditeur

Collection : Littérature
Broché 141 pages
Paru le 05/02/2015
16,00
Disponible - Expédié sous 5 jours ouvrés

Chemins. «J'ai trois ans. Un homme qui me paraît immense entre dans la minuscule cuisine de l'appartement rue du Souci à Poitiers, me prend dans ses bras, je ne l'ai jamais vu. Ma mère me demande de l'appeler papa. C'est mon père.»

Des années après la mort de son père, dont l'apparition s'impose dès les premières phrases de son nouveau roman, Michèle Lesbre tente de se réconcilier enfin avec son «intime étranger», ce père qu'elle a si peu et si mal connu.

Assis sous un réverbère, un homme bien mis, pipe à la main, est totalement absorbé par sa lecture. La scène est insolite, la silhouette presque familière, et quand la narratrice, intriguée, parvient à déchiffrer le titre de l'ouvrage, le passé la submerge. Scènes de la vie de bohème, d'Henry Murger, ne quittait pas le bureau de son père, et elle s'était souvent étonnée, sans oser lui poser la question, qu'il l'évoque comme un livre «qui était toute sa jeunesse». Quel rapport entre les aventures de quatre joyeux drilles à l'humeur frondeuse et l'homme tourmenté dont elle n'a jamais percé la part de mystère ?

Avec le projet de lire enfin Murger, qui attendait son heure, elle s'engage dans un voyage rythmé de paisibles étapes le long d'un canal. Son imagination et sa mémoire dérivent au fil de l'eau et des rencontres - une gardienne de vaches, un éclusier tendre et un peu menteur, un délicieux couple de mariniers... Mais elle ne s'arrêtera jamais très longtemps auprès d'aucun de ceux-là. Elle sait qu'ils la mènent à un autre rendez-vous, bien plus essentiel, avec ce père qui un jour fut un jeune homme insouciant, rêvant de la vie de bohème.

Chemins est une bouleversante quête du père, et un très beau roman des origines.

Après Écoute la pluie et Victor Dojlida, une vie dans l'ombre, tous deux parus en février 2013, Chemins est le dizième livre de Michèle Lesbre que publie Sabine Wespieser éditeur.

Conseils des libraires

La scène inaugurale de ce roman est très forte. La narratrice nous raconte sa rencontre avec son père, alors qu’elle est âgée de 3 ans. Elle ne l’a jamais vu et, forcément, cet homme bouleverse sa vie et le duo qu’elle formait jusque-là avec sa mère. Ce père s’impose à elle et elle l’observe avec curiosité, crainte et admiration. Dès la première page, Michèle Lesbre nous dit que c’est sur des chemins intimes qu’elle va nous emmener, ceux du souvenir, de l’enfance. Mais cette quête de la figure paternelle est rythmée par un voyage. La narratrice doit en effet se rendre dans la maison d’amis pour l’entretenir durant leur absence. Le trajet vers la maison donnera lieu à quelques escales bienfaitrices. Le personnage donne l’impression de faire l’école buissonnière, d’être totalement libre. Nous suivons avec gourmandise l’héroïne se libérant de ses entraves. Elle ne respecte aucun itinéraire et en même temps, les suit tous. La destination est connue, mais le parcours devient multiple. Les chemins sont jonchés de rencontres. L’occasion pour l’auteure de brosser une jolie galerie de portraits, des gens que l’on aimerait rencontrer, avec qui on passerait volontiers un peu de temps. La balade est agréable. Le rythme est lent et doux, égrené des souvenirs d’enfance de la fugueuse. Cependant, tous ces détours n’ont qu’un but : la quête du père. En même temps que Michèle Lesbre parle des gens avec générosité, elle montre aussi l’importance des lieux. Sa narratrice est habitée par les endroits qu’elle a connus, ils sont liés à ses souvenirs et aux êtres chers. Ces chemins personnels et buissonniers sont servis par une écriture toujours aussi poétique, empreinte de nostalgie. Un livre pour ceux qui aiment la belle langue et les récits intimistes.