Cher pays de notre enfance
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Cher pays de notre enfance

enquête sur les années de plomb de la Ve République

de , ,

chez Futuropolis

Paru le | Relié 217 pages

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dessin d'Etienne Davodeau | postface de Roberto Scarpinato


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Révisez votre histoire!

Etienne Davodeau et Benoît Collombat nous entrainent dans les bas fonds de la Vème république. Une enquête remarquable sur les magouilles politiques liées au SAC, Service d'action civile.

 

Chronique Page des libraires, rédigée par Brice Vauthier Librairie L’Étagère (Saint-Malo)

Sorti en septembre 2014, le hors série de La Revue dessinée nous offrait déjà un chapitre de ce qui allait devenir un album conséquent, promis à être, selon moi, une œuvre de référence. D’un côté, Benoît Collombat, grand-reporter à France Inter depuis les années 1990, auteur de plusieurs livres-enquêtes dans les années 2000, notamment en 2007, Un homme à abattre : contre-enquête sur la mort de Robert Boulin (Fayard). De l’autre, Étienne Davodeau, auteur de BD magnifiques et engagées, parmi lesquelles on trouve Les Mauvaises Gens (Delcourt – primé à Angoulême), Un homme est mort (Futuropolis – quelle merveille !), Lulu femme nue, ou Les Ignorants (Futuropolis). On retrouvera d’ailleurs dans l’album cette dualité de points de vue. Cher pays de notre enfance est sous-titré Enquête sur les années de plomb de la Ve République. Avec ce Général de Gaulle en grande tenue d’officier de la légion d’honneur éclaboussé de sang sur son coté gauche, mais gardant la droiture qu’on lui connaît (seule couleur de la couverture et de l’album), on est plongé dans une enquête haletante. Dès les premières pages, le lecteur se trouve au 89 Montée-de-l’Observance, à Lyon, lieu où le juge François Renaud est assassiné en bas de chez lui, le 3 juillet 1975. Ce juge sera le premier haut magistrat à être tué depuis la Libération. Le crayon d’Étienne Davodeau croque parfaitement les portraits des différents protagonistes que le duo rencontrera (à part, bien sûr, ceux qui n’ont pas souhaité être dessinés, comme Nicole Renck, ancienne greffière du juge). Chaque rencontre en entraînera une nouvelle, et ainsi de suite. C’est de cette manière que le récit de cette contre-enquête se compose. Chaque personnage nous renverra vers un autre, qui connaît mieux telle ou telle situation ou protagoniste. Dès le début, le SAC est une entité floue, que les auteurs aimeraient mieux comprendre. En effet, certains acteurs de l’époque sont connus (Paul Comiti, Jacques Foccart, etc.), mais leur implication dans telle ou telle action reste trouble (quid du braquage de la Poste de Strasbourg en juin 1971 ? Ou de la tuerie d’Auriol de juillet 1981 ?), quels rôles ont joués certains hommes politiques de premier plan et qui ont traversé la Ve République (Pompidou, Pasqua, décédé le 29 juin de cette année en ayant refusé de rencontrer les auteurs, ou encore Chirac). Cette enquête minutieuse, dessinée très finement par Davodeau, n’est pas sans rappeler l’album Un homme est mort (Futuropolis). Et, avec l’ajout des connaissances pléthoriques de Collombat, le lecteur a sans aucun doute entre les mains une des BD majeures de cette décennie. La fin de l’album nous rapprochera également de l’affaire Boulin, dont l’enquête sur la mort suspecte a été relancée le 26 juin 2015. La postface signée Roberto Scarpinato, procureur général de Palerme, est glaçante et dresse un parallèle intéressant entre les turpitudes des mafias italiennes et françaises, et de la collusion entre le pouvoir politique et les organisations criminelles, d’où qu’elles viennent.

Étienne Davodeau est auteur de bande dessinée. Benoît Collombat est grand reporter à France Inter. L'un est né en 1965, l'autre en 1970. Ils ont grandi sous la Ve République fondée par le général de Gaulle, dans un pays encore prospère, mais déjà soumis à la « crise ».

L'Italie et l'Allemagne ne sont pas les seules nations à subir la violence politique. Sous les présidences de Pompidou et de Giscard d'Estaing, le pays connaît aussi de véritables « années de plomb » à la française.

Dans ces années-là, on tue un juge trop gênant. On braque des banques pour financer des campagnes électorales. On maquille en suicide l'assassinat d'un ministre. On crée de toutes pièces des milices patronales pour briser les grèves. On ne compte plus les exactions du Service d'Action Civique (le SAC), la milice du parti gaulliste, alors tout-puissant. Cette violence politique, tache persistante dans l'ADN de cette Ve République à bout de souffle, est aujourd'hui largement méconnue.

En sillonnant le pays à la rencontre des témoins directs des événements de cette époque - députés, journalistes, syndicalistes, magistrats, policiers, ou encore anciens truands -, en menant une enquête approfondie, Étienne Davodeau et Benoît Collombat nous révèlent l'envers sidérant du décor de ce qui reste, malgré tout, le cher pays de leur enfance...
Une enquête sur les assassinats de magistrats, de journalistes, de syndicalistes et de ministres dans la France des années 1970, sur la base des témoignages de contemporains de l'époque et à partir d'archives sur le SAC, la milice du parti gaulliste. Prix du public Cultura (Festival de la BD d'Angoulême 2016). ©Electre 2020

Aurélien N. le 19/05/2020

"Livre BD enquête" passionnant sur une part d'ombre de l'histoire française récente. Je recommande. Belle découverte.

Format : Relié
Nb de pages : 217 pages
Poids : 978 g
Dimensions : 20cm X 28cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-7548-1085-2
EAN : 9782754810852

Du même auteur : Étienne Davodeau



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