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El alma ablicua. L'âme oblique

De Vicente Cervera Salinas chez Editions du Paquebot

Broché 191 pages
Paru le 17/10/2010
18,00
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Julio Silva (Entre Rios, Argentine, 1930) a une vie jalonnée de rencontres décisives. La première remonte à son enfance : son instituteur, l'écrivain Leopoldo Maréchal, lui donne l'envie d'entreprendre des études d'arts plastiques. En 1950, Juan Batle Planas, peintre surréaliste, lui ouvre les portes de son atelier. Ils y partageront le goût de la littérature : Lautréamont, Baudelaire, Borges et Julio Cortazar, qu'il rencontrera à son arrivée à Paris, en 1955.

De cette amitié surgira une étroite collaboration artistique, « Julio pluma y Julio pincel » , matérialisée dans Les discours du Pince-Gueule (1966), Le tour du jour en quatre-vingts mondes (1967) ou Dernier round (1969). En 1976, Cortázar dédie ses proses à Silvalandia, oeuvre aux échos magiques dont le journal Libération avait indiqué dans sa notice littéraire : « Tolkien et Cortázar dans les sabots des Rois Mages », Il a également illustré les oeuvres L'hôte perplexe (Disegnodiverso, 2001) et Intempérie (Fata Morgana, 2002) de son ami le poète Saúl Yurkievich.

En 1970, lors d'un voyage en Italie, Silva découvre Carrara et son marbre, qui éveille en lui son instinct du volume. Il a réalisé dix-huit sculptures monumentales, parmi lesquelles s'érigent, en marbre Piègemalion, au Forum des Halles de Paris, Dame-Lune, au parvis de La Défense, et Panta Rhei, fontaine en marbre et bronze créée en 2001 à Massa (Toscane). Julio Silva a par ailleurs réalisé des expositions dans de nombreuses galeries d'Europe, d'Amérique Latine et des Etats-Unis, ainsi que dans des musées comme le Centre Georges Pompidou à Paris (exposition audio-visuelle sur Piègemalion), la Sainte-Croix de Poitiers et, plus récemment, en Italie, au Castello Malaspina de Massa et au Castello di Piagnaro de Pontremoli.

Je sais qu'ainsi vous surprend ma fantaisie, car vous redoutez qu'ignorant et craintif, je ne renonce peut-être à mes croissantes libertés, au terme de ma violente traversée. Et qu'effrayé de voler, je ne reconnaisse pas, comme Ulysse, le père rusé et audacieux, que dans la patrie et sur la terre ferme je marche désormais, mais que je tremble sans le savoir.

La poésie ne se commente pas, ne se traduit pas, non plus qu'elle ne s'illustre - elle se rencontre. C'est l'histoire de ce livre. La poésie de Vicente Cervera Salinas est précise, idéelle, ajustée comme l'anneau viennois. Et c'est elle encore, qui vibre dans la vitalité des dessins de Julio Silva.

Et puis il y a une rencontre primordiale : la lucidité, le réel en conscience - alors on risque beaucoup, on peut tout perdre, on peut être quitté. S'élève ainsi de ces vers une voix oblique qui interroge, prie, appelle et se réconcilie.

Vicente Cervera Salinas (Albacete, Espagne, 1961) entreprit son parcours poétique avec De aurigas inmortales, guidé par Parménide d'Elée. Ce recueil, paru en 1993, fut généreusement préfacé par Antonio Colinas. Vint en 2001 La partitura, un écho lyrique du périple réalisé à travers les terres américaines, de La Havane à Buenos Aires, et des paysages italiens. Deux ans plus tard, la maison Verbum publia El alma oblicua, traduite en italien (L'alma obliqua, Levante Editori, Bari, 2008) et en français dans la présente édition bilingue. Son dernier recueil, Escalada y otros poemas (Verbum, 2010) poursuit cet itinéraire à travers le chemin du vers et de la création.

Vicente Cervera Salinas détient également la chaire de Littérature Hispano-américaine à l'Université de Murcie et a consacré de nombreux travaux à la poésie et à l'essai, tels que La poesía del logos (1992), El compás de los sentidos (1998) et El síndrome de Beatriz en la literatura hispanoamericana (2006).

« Dans les poèmes de El Alma Oblicua domine une attitude philosophique qui nous invite à la réflexion ; c'est en réalité une enquête sur la vie courante et ses événements quotidiens, dans laquelle convergent à leur tour et implicitement d'autres vies qui mènent, elles aussi, leurs recherches et enrichissent par là leurs questionnements gnoséologiques. Cette enquête nous guide dans la reconstruction de sa propre réalité poétique, parfois sous l'aspect de l'admonition, d'autres fois en nous apportant du réconfort. Et comme nous pouvons le constater à la lecture, chaque forme s'ajuste à son contenu, parvenant à une correspondance réussie entre conception artistique et vision du monde ». Antonio Cillóniz, extrait de la Préface de El Alma Oblicua, Verbum, 2003).

Du même auteur : Vicente Cervera Salinas