Eros et vertu
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Eros et vertu

le corps des femmes de Watteau à Manet

de

chez Alma éditeur

Paru le | Relié 189 pages

Public motivé

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traduit de l'italien par Martine Pagan-Dalarun


Chronique Page des libraires, rédigée par Christine Lechapt Librairie Le Carré des Mots (Toulon)

Le XIXe siècle représente un tournant majeur dans l’histoire des mentalités et c’est la place de la femme dans la société qui en est la plus parfaite illustration. Si celle-ci bénéficiait, dans la noblesse du XVIIIe siècle, d’une grande liberté, elle se retrouve cantonnée, aux sortir de la Révolution française, à une vie domestique. Pour illustrer ce basculement, il suffit de se pencher sur la peinture de l’époque pour se rendre compte de l’évolution de sa représentation. C’est tout le propos du livre d’Alberto Mario Banti qui, avec Eros & vertu, nous plonge au cœur d’une époque où la subordination du « sexe faible » fait néanmoins l’objet d’une certaine érotisation, mais selon des codes bien précis. La preuve en est le reproche fait, en 1863, à Édouard Manet, dans Le Déjeuner sur l’herbe, d’avoir représenté une femme peu vertueuse. Une analyse très originale et magnifiquement illustrée.

L'enseigne de Gersaint (ca. 1721) et Le balcon (1868-1869), deux des toiles les plus célèbres de Watteau et Manet, donnent la mesure du changement radical qui se produit entre le XVIIIe et le XIXe siècle dans la culture européenne. Durant le XVIIIe siècle, les femmes nobles jouissent d'une grande liberté, tant sexuelle qu'intellectuelle ou politique. Or, un puissant mouvement d'opposition - emmené, entre autres, par Jean-Jacques Rousseau - culmine avec la Révolution pour révoquer ces libertés. Le monde nouveau d'après 1789 s'emploie à confiner les femmes dans un rôle de gardiennes du foyer, vouées à la vie domestique.

Au XIXe siècle, le pouvoir masculin triomphe. La subordination du « sexe faible » s'accompagne d'une érotisation et d'une réification du corps de la femme. Pour preuve, la peinture de nu féminin très en vogue durant tout le
siècle. C'est Edouard Manet, au courage discret mais déterminé, qui, le premier, inversera les valeurs en composant, notamment Le déjeuner sur l'herbe dont l'analyse couronne Éros et vertu. Alberto Mario Banti montre ainsi comment s'expriment, par le biais de la peinture, un imaginaire et une réalité parfois brutale des rapports de genre.
L'historien analyse l'évolution des rapports de genre dans la culture européenne du XVIIIe et du XIXe siècles par le prisme de la peinture, de Watteau à Manet. A la liberté dont jouissent les femmes de la noblesse au temps des Lumières succèdent, après 1789, un retour du pouvoir masculin et un confinement à la vie domestique, associé à l'érotisation et à la réification du corps féminin. ©Electre 2019
Format : Relié
Nb de pages : 189 pages
Poids : 400 g
Dimensions : 14cm X 20cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-36279-291-5
EAN : 9782362792915