Ethnologie de la porte
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Ethnologie de la porte

des passages et des seuils

de

chez Métailié

Collection(s) : Traversées

Paru le | Broché 422 pages

Public motivé

Grand format Livre broché
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Chronique Page des libraires, rédigée par CHRISTINE LECHAPT, Librairie Charlemagne, Toulon

Avant de devenir cet objet commun que nous franchissons plusieurs fois par jour, la porte a connu de profondes améliorations au fil du temps. De simple ouverture dans les huttes à la préhistoire, elle passa de l’état de tenture à un objet plus concret afin de devenir une protection contre les agressions extérieures (aussi bien animales qu’humaines). Elle se munit progressivement d’une poignée, d’une serrure, d’une clef, du nom de son propriétaire (en même temps que les rues recevaient un nom) et d’une sonnette. Afin d’en limiter l’accès, la porte fut successivement placée sous la surveillance de portiers, de gardes suisses, de concierges et, de nos jours, de digicodes. Mais au-delà de son aspect et de sa technicité, elle fut souvent un symbole de la richesse d’une cité (la porte d’Ishtar au temps de Nabuchodonosor II), la marque de victoires militaires (les arcs de triomphe à l’époque romaine) ou la représentation des limites de la cité (poternes et pont-levis au Moyen Âge). Avec l’invention du protocole, qui a cours encore aujourd’hui au sein de notre République, son franchissement incarne aussi la dignité de celui qui en traverse le seuil. L’importance de la porte se manifeste également dans certains épisodes de la Bible. En effet, le passage dans l’au-delà nécessite tout d’abord de se confronter au jugement de saint Pierre, qui décide ou non d’ouvrir les Portes du paradis ; dans le cas contraire, le condamné doit affronter les Sept Portes de l’enfer, eu égard aux péchés commis lors de sa vie sur Terre. Dépassant le simple domaine de la civilisation occidentale, Pascal Dibie parcourt également le monde pour nous révéler ce que la porte signifie au sein d’autres civilisations. Notons, à titre d’exemple, le caractère sacré de la porte dogon, qui, à elle seule raconte une histoire, avec sa serrure symbolisant l’âme des ancêtres. Les Chinois, eux, orientent leur entrée en fonction du ciel. Pour les Japonais, elle a peu d’importance dans la mesure où elle est construite en simple papier. Et chez les Mongols, c’est le franchissement du seuil de la yourte qui s’avère primordial et est, de ce fait, soumis à un rituel très sophistiqué. Dans cet ouvrage particulièrement ambitieux, vous trouverez également des sujets plus décalés ou incongrus, c’est selon. Ainsi, l’auteur fait référence aux portes de l’intime sur lequel veillent les ceintures de chasteté, créées au XVe siècle, et aux portes du corps (oreilles, nez, bouche…), à celles de l’inconscient, en référence à Sigmund Freud, ou encore à celles des livres dont l’accès est gardé par leur couverture. Si, d’un point de vue étymologique, le mot porte indique en latin une opposition entre « chez soi », domi, et foris, « le dehors », on peut dire que le mot a évolué en même temps que notre civilisation pour devenir aujourd’hui le symbole de la propriété, de l’intimité, de l’indépendance et, surtout, de la sécurité. Avec cet ouvrage très érudit, Pascal Dibie invite brillamment à franchir les « portes de la connaissance » sur un objet plus que commun de notre quotidien. Alors n’hésitez pas, c’est passionnant ! 

La porte ! Combien de fois ne l'avons-nous pas dit ou entendu
et combien de fois la passons-nous par jour ? Savons-nous
vraiment ce qu'est une porte et jusqu'où elle nous
mène ? Tout le monde s'accordera pour reconnaître que dans sa
définition même elle implique l'existence d'un "dehors" et d'un
"dedans", du bien-être et du danger, et que toute porte utilisée
déclenche une philosophie du monde.

Depuis les Magdaléniens nous n'avons cessé de la réinventer et
de l'utiliser pour des causes différentes au point que l'on peut se
demander quelle folie nous a pris pour rendre cette barrière à la
fois si simple et si complexe. Les portes c'est aussi l'incroyable
étiquette de la Cour, les octrois, les frontières, tout ce qui nous
empêche et nous régule, sans compter les hommes qui les tiennent
: Suisses, portiers, concierges, domestiques, mais aussi le
décorum, les pompes mortuaires et les terribles portes de
prison. Aujourd'hui fini les gonds, et à nos portes rivalisent
désormais codes et cambrioles.

Par leur essence même, les portes expriment les cultures : en
Afrique les Jnouns font concurrence à Eshou et les serrures
dogons reflètent encore l'âme de leurs maîtres, la Chine oriente
toujours ses portes en s'occupant du Ciel alors que le Japon les
construit en papier. En Océanie ce sont les tabous qui les gardent
pendant qu'en Amérique au-delà des malocas, des tipis et des
iglous, elles sont devenues héroïnes de feuilletons télévisés.

Dans cet ouvrage savant où le terrain et l'humour le disputent au
livresque, où l'auteur fait, avec brio, part égale à l'écriture, à l'histoire
et à l'ethnologie, les portes, les passages et les seuils apparaissent
autant incontournables qu'inexorables dans notre vie de
tous les jours.
Des Magdaléniens d'Etiolles à la porte d'Ishtar à Babylone en passant par les portiques grecs, les arcs de triomphe romains ou les portes de l'Enfer, cet essai retrace la construction de l'imaginaire de cet objet du quotidien qu'est la porte. Sous toutes ses formes, à travers l'histoire et les sociétés, elle invite à penser le dedans et le dehors, l'ouvert et le fermé, le bien-être et le danger. ©Electre 2019
Format : Broché
Nb de pages : 422 pages
Poids : 534 g
Dimensions : 16cm X 24cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-86424-841-5
EAN : 9782864248415

Du même auteur : Pascal Dibie