Jours de destruction, jours de révolte
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Fiche technique

Format : Cartonné
Nb de pages : 304 pages
Poids : 1308 g
Dimensions : 21cm X 28cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-7548-0876-7
EAN : 9782754808767

Jours de destruction, jours de révolte

de ,

chez Futuropolis

Paru le | Cartonné 304 pages

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récit et dessins de Joe Sacco | traduit de l'américain par Sidonie Van den Dries et Stéphane Dacheville


Les libraires en parlent

Chronique Page des libraires, rédigée par Par Roxanne Moreil Librairie La Manœuvre (Paris 11e)

Le propos de Chris Hedges, journaliste américain récompensé par le Pulitzer pour un article paru dans le New York Times, et de Joe Sacco, auteur de BD considéré comme le père du roman graphique de reportage, est en vérité bien plus dense et plus complexe que les mots du prophète. Au travers de textes et de dessins, ils ont voulu montrer comment le système capitaliste et le règne du marché ont exploité, puis abandonné des populations et des cultures entières. Chacun avec son savoir-faire essaie de rendre compte de la violence de ces exclusions et de l’impact du capitalisme sauvage sur les hommes, les villes et l’écosystème. Longtemps, ces deux auteurs ont couvert des événements internationaux. En Amérique Latine et au Moyen-Orient pour Hedges, dans la bande de Gaza et en Bosnie pour Sacco. Ici, ils décident de braquer le projecteur sur leur pays, les États-Unis. De tous les pays industrialisés, il est celui qui compte le plus fort taux de pauvreté, la plus forte empreinte écologique, le plus fort taux d’homicides, le plus fort taux de mortalité infantile… la liste est longue et accablante. Il constitue, avec sa multiplicité culturelle et sa mixité, l’exemple malheureux de la disparition de pans entiers de cultures et de civilisations, au profit d’une globalisation insensée. Les quatre premiers chapitres du livre illustrent la parole du prophète Osée. L’homme a été créé pour être libre de ses choix. Et responsable. La construction du livre de Chris Hedges et Joe Sacco semble mener à la conclusion qu’il est indispensable d’ouvrir les yeux sur nos erreurs et que le temps est venu de réformer nos vies. Pour eux, il est essentiel de confronter les partisans du capitalisme débridé à la réalité de ce que génère leur système. Alors que le livre était encore en cours de composition, un mouvement de révolte a éclaté le 17 septembre 2011 au Zuccotti Park de New York. Le mouvement Occupy Wall Street naissait. La misère et le désespoir qu’avaient observé les auteurs se transformaient en un mouvement de révolte concrète. La rébellion organisée, qui jusqu’ici n’était pour eux qu’une hypothèse, prenait vie ! Elle devenait aussi réelle que les maux décrits dans leur livre. Après avoir lu Jours de destruction, jours de révolte, il sera impossible de mettre en cause la pérennité des mouvements indignés. Les « jours de révolte » sont là, nul ne peut les ignorer. Chaque ligne de Chris Hedges et chaque image de Joe Sacco réveillent la conscience endormie du lecteur, soulevant son indignation et son besoin d’agir.

Quatrième de couverture

Le temps des spoliations
Pine Ridge, Dakota du Sud

Le temps de la destruction
Welch, Virginie occidentale

Le temps de l'esclavage
Immokalee, Floride

Jours de siège
Camden, New Jersey

Jours de révolte
Liberty Square, New York

Voici deux ans, Joe Sacco et moi avons parcouru les territoires américains dévastés par la surexploitation : des régions sacrifiées sur l'autel du profit et du progrès technologique. Au travers de textes et de dessins, nous avons voulu décrire la vie de ces habitants écrasés par les lois d'un marché débridé ; dépeindre ces zones où êtres humains et milieu naturel sont laissés à l'abandon après avoir été exploités pour en tirer un maximum de bénéfices ; rendre compte de l'impact du capitalisme sauvage sur les familles, les travailleurs, les communes et les écosystèmes.

.../... La misère et le désespoir que nous avons observés contredisent les promesses farfelues des partisans d'un capitalisme sans entraves. Les affirmations de ceux qui, dans les médias, au gouvernement et dans les universités, rabâchent les soi-disant bienfaits du libéralisme, sont démenties dès qu'on les confronte à la réalité. Le capitalisme oligarchique va tous nous tuer, au sens propre du terme. Comme il a tué les Amérindiens, les Afro-Américains pris au piège dans les ghettos de nos centres villes, les laissés-pour-compte des régions houillères saccagées et les ouvriers agricoles réduits à l'état de serfs. Rien ne l'arrête, tant que cela permet d'engranger des bénéfices.

Cependant, la roue est en train de tourner. Le pays est au bord de l'explosion. Même nos grands patrons se mettent à douter. Ils comptent sur la politique sécuritaire des autorités pour garder le contrôle. La contestation qui gronde au sein du mouvement des Indignés les terrifie. Et pour cause : ces contestataires dévoilent au grand jour leurs abus, leur cruauté, et l'absurdité de leur système de croyances.


Du même auteur : Joe Sacco