La direction de l'absent
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La direction de l'absent

de

chez Bourgois

Collection(s) : Littérature française

Paru le | Broché 177 pages

Grand format Livre broché
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Chronique Page des libraires, rédigée par Caroline Clément Librairie Coiffard (Nantes)

Ce ne sont pas des chimères. Ce ne sont pas des fantômes, ni des ombres lointaines, ni des spectres du passé. Non, la narratrice n’a pas rêvé. Elle a bien vu, dans les yeux de sa mère. Elle a bien lu. Le froid, la douleur, l’indicible douleur. Elle a tout entendu du silence, des regards, interrogeant les traits des visages, les rues, les immeubles de la ville, l’intérieur des façades. Elle a bien observé : sa grand-mère, sa tante, sa mère ; la main d’une petite fille serrée très fort, tirée par la main de sa mère ; puis d’Ovadia, l’absent, le père. « Je suis née dans le Xe arrondissement de Paris, le 30 avril 1971. Soit vingt-six ans après la fin de la Guerre, la seule qui vaille, la deuxième », nous dit celle qui hérite et qui prend son héritage à bras le corps. À l’aube de la quarantaine, où est passée sa vitalité débordante ? Où s’est noyée cette joie, cette lueur absolue, soufflée, commandée par la vie, appelée par sa mère ? Rempart à l’horreur, avec la lecture, avec les livres. Sous le sceau de la filiation, du lien familial, elle écrit l’histoire, la quête. Ovadia. La déportation. Le camp de Bergen-Belsen. Ruth Zylberman, réalisatrice, livre ici son premier roman. Sous la forme d’une plainte abyssale, ténue et hurlante à la fois, son texte sonde l’horreur du passé, les faits, le désir d’abandon, la profondeur glaçante. Photographie terrifiante donnée à voir et à revoir, pour comprendre, inlassablement, La Direction de l’absent est aussi l’enquête, la poursuite, le questionnement. Ruth Zylberman emploie la langue. Sombre et superbe poésie. À la fois maîtrisée, ivre et mesurée, sa voix rend comme un hommage à tous les déportés. Elle est comme une parole soudainement déliée, consciente, déployée. Le poids d’un passé sombre, englouti et sans cesse resurgi. La vie derrière l’horreur, et son aspiration, d’une éclatante, irrésistible beauté.

«Lui qui n'avait jusqu'ici été qu'une
ombre morte, il avait été vivant, la lettre
nous le disait, il l'était peut-être encore.
Cette certitude transfigurait la maison de
banlieue. Le salon était envahi par une
présence qui occupait les lieux : derrière
nos fauteuils, à côté de nos corps et nos
visages, près du visage douloureux de
Pesia, des mains inquiètes de maman, près
de nos pieds, ceux de Judith et les miens,
bien calés sur le sol, Ovadia avait bondi
hors de sa relégation, il avait parcouru
les lieux et les années, il avait traversé
les frontières - mi-fantôme, mi-homme -,
il avait bouleversé les successions normales
du temps et de la mémoire, pour
nous apparaître (et cette apparition, c'était
un tourbillon, du sang neuf) en instance
de rapatriement.»
Entre Paris et Varsovie, entre passé et présent, la narratrice tente de retracer l'histoire de sa mère, rescapée des camps durant la Seconde Guerre mondiale. Dans sa quête, elle est protégée par Daniel, dont l'amour a construit autour d'elle un bunker qui la protège du mal qui l'obsède. Mais sa rencontre avec Jan fait tout exploser. ©Electre 2021
Format : Broché
Nb de pages : 177 pages
Poids : 162 g
Dimensions : 12cm X 20cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-267-02764-8
EAN : 9782267027648

Du même auteur : Ruth Zylberman