La griffe du temps
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La griffe du temps

ce que l'histoire peut dire de la littérature

de

chez Gallimard

Collection(s) : NRF Essais

Paru le | Broché 293 pages

Tout public

Grand format Livre broché
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La griffe du temps

Ce que l'histoire peut dire de la littérature

Aux devantures des librairies, on ne compte plus les ouvrages d'historiens réfléchissant gravement à leur rapport avec la littérature. Doivent-ils en faire une source de leur savoir, mais en contextualisant la fiction depuis leur surplomb, au risque de ne pas faire mieux que l'histoire littéraire et manquer ce que fait la littérature? Ou bien recourir à l'écriture de la fiction, quitte à s'installer prosaïquement dans l'entre-deux-genres d'une classique monographie ?

Judith Lyon-Caen propose une aventure plus ambitieuse : à partir d'une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly, « La vengeance d'une femme », l'historienne part de ce qu'est la littérature : une expérience d'être au monde, pour mesurer l'éclairage que sa discipline peut apporter à la mise en écriture romanesque. Ainsi de ces myriades d'objets, de parures, de rues et boulevards ou de lieux parisiens dont la description a pour fonction d'attester la réalité du récit : l'historien décrypte ces traces du temps, que ce soit le temps de la rédaction ou celui de l'action du récit, en retrouve l'origine, réfléchit à la manière dont le romancier en a été affecté. Non pas pour réduire l'écriture romanesque à un ancrage dans une époque, mais, au contraire, pour éclairer comment une époque nourrit le sens d'une écriture. L'historien en « herméneute » du matériau littéraire, en quelque sorte. Une invitation à apprendre à mieux lire ce qui fait la littérature et ce que fait un romancier.
L'historienne interroge les liens entre sa discipline et la littérature à partir de "La vengeance d'une femme", une nouvelle de Jules Barbey d'Aurevilly. Elle y puise des éléments pour arguer qu'une époque nourrit le sens de l'écriture sans pour autant la figer dans le temps. ©Electre 2019

Thomas P. le 10/03/2019

Une griffe à moitié efficace

Le sous-titre de l'ouvrage est "Ce que l'histoire peut dire de la littérature". Il semble de Judith Lyon-Caen est restée sur cette notion. Si l'idée de départ est intéressante (écrire l'Histoire à partir d'une nouvelle de Barbey d'Aurevilly), elle ne va pas au bout de son raisonnement. Certains chapitres s'attardent sur l'historicité des éditions, sur le personnage de Barbey. Mais ce qu'il importe dans cet exercice, c'est de vraiment partir du texte, de le lire comme un document neuf, une archive sur la prostitution dans les années 1840, mais pas seulement. Les parties autour de l'oeuvre aurait pu se regrouper en un seul chapitre, loin des sujets abordés par la nouvelle. En refusant de plonger dans la chambre, d'écarter la partie "sexuelle" de la nouvelle, il y a un manque, une histoire de la représentation de la sexualité, du désir. Au-delà de cela, les parties analytiques autour des éléments de la fiction sont très intéressantes, même si on peut sentir que le texte littéraire sert à justifier les précédentes recherches, alors qu'au contraire, le récit doit être justifié par les recherches ("l'histoire ne doit pas valider la littérature, mais c'est la littérature qui doit valider l'histoire"). Cet essai possède un certain intérêt, mais mériterait de se pencher plus sur ce que la littérature apporte réellement à l'histoire, car "la littérature a toujours été une impatience de la connaissance" (Hermann Broch).

Format : Broché
Nb de pages : 293 pages
Poids : 400 g
Dimensions : 15cm X 21cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-07-282669-6
EAN : 9782072826696

Du même auteur : Judith Lyon-Caen