La haine de la littérature
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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 221 pages
Poids : 264 g
Dimensions : 14cm X 22cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-7073-2916-5
EAN : 9782707329165

La haine de la littérature

de

chez Minuit

Collection(s) : Paradoxe

Paru le | Broché 221 pages

Public motivé

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Les libraires en parlent

Chronique Page des libraires, rédigée par Charlène Busalli Librairie du Tramway (Lyon)

« La haine de la littérature ! La haine de la littérature », s’exclamait Flaubert. Délire de persécution ? Rien n’est moins sûr. Si la formulation est quelque peu hyperbolique, il a existé de tout temps des gens qui ont condamné la littérature pour des raisons diverses et variées. Platon, par exemple, reprochait aux poètes, non pas de ne pas dire la vérité, mais de proférer des mensonges sans en avoir reçu l’autorisation de l’État, et donc d’être de fieffés agitateurs. À l’inverse, de nombreux siècles plus tard, Bourdieu et ses condisciples jugeront que la littérature aide la société de classe à se perpétuer en favorisant la reproduction d’une élite. Le choix, dans la manière de jeter le discrédit sur la littérature est d’ailleurs tout aussi varié que les raisons invoquées. Kant choisit le camp des homophobes en arguant que la littérature amène à « l’efféminement des corps », quand Adorno formulait sa célèbre sentence : « écrire un poème après Auschwitz est barbare ». Sans parler de Nicolas Sarkozy, qui, tel un disque rayé, attaqua la littérature à de nombreuses reprises en brandissant à chaque fois l’argument devenu légendaire, selon lequel lire La Princesse de Clèves ne recelait aucune utilité ! William Marx explique que les attaques propres à l’antilittérature ont plus souvent eu tendance à bénéficier à la littérature, qu’à lui nuire. Car ce sont ces constantes accusations qui, d’une certaine manière, incitent la littérature à se remettre perpétuellement en question, à expérimenter de nouvelles formes et à se renouveler. C’est ainsi que l’antilittérature a rendu la poésie plus forte, d’où le ton malicieux utilisé par William Marx pour dépeindre cet ennemi fort utile… c’est de bonne guerre.

Quatrième de couverture

La haine de la littérature

Ils l'ont attaquée, conspuée, condamnée, sous tous les prétextes, sous tous les régimes, avec les meilleures ou les pires intentions, pour de mauvaises raisons et parfois même pour de bonnes. Ils ont exilé les poètes, brûlé leurs livres - ou en ont simplement formulé le souhait. Voilà 2 500 ans que la littérature est sujette à toutes les critiques et toutes les accusations de la part de philosophes et de théologiens, de prêtres et de pédagogues, de scientifiques et de sociologues, de rois, d'empereurs et même de présidents.

De Platon à Nicolas Sarkozy, ce livre fournit toutes les pièces de ce procès ahurissant, fait le portrait d'une incroyable galerie de grotesques et de ridicules, et retrace à sa manière une autre histoire de la littérature occidentale depuis les origines, pleine de bruit et de fureur, de bêtise, d'hypocrisie et d'ignorance, avec ses querelles et ses combats, ses défaites et ses triomphes, ses stratèges, ses traîtres et ses héros.

Avec la haine de la littérature se révèle la face cachée de l'histoire de la littérature - celle qui lui donne peut-être son sens véritable.