La maison du Bosphore Feuilleter
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La maison du Bosphore

De Pinar Selek chez Liana Levi

Broché sous jaquette 318 pages
Paru le 05/04/2013
21,00
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À Yedikule, un des plus anciens quartiers d'Istanbul, quatre jeunes épris de liberté cherchent leur place dans une société figée depuis le coup d'État de septembre 1980. La condition des femmes et des minorités, les conventions sociales, l'oppression politique : tout leur pèse. Sema la rêveuse voudrait entrer à l'université. Salih l'apprenti menuisier cherche à perpétuer son art là où il a grandi tandis qu'Hasan le musicien aimerait faire vivre le sien sur les routes du monde. Seule Elif opte pour la voie périlleuse de la révolution. Quatre parcours, mais une même devise : Il nous reste un demi-espoir...

Hommage à une ville et à ses communautés, réflexion sur l'appartenance, leçon d'humanité, ce premier roman de Pinar Selek est celui de toute une génération qui cherche sa voie entre la Turquie d'hier et celle de demain.

Conseils des libraires

L’histoire commence en octobre 1980. Quatre adolescents d’Istanbul rêvent leur avenir dans une Turquie soumise à la dictature. Elif la révoltée se tourne vers l’engagement politique clandestin, abandonnant derrière elle son identité et tous ceux qui lui sont chers. Son ami Hasan, quant à lui, part étudier la musique à Paris et découvre le plaisir du voyage grâce à l’amitié d’un autre musicien, Rafi. Séma voudrait rentrer à l’université, elle espère une vie meilleure et plus libre, elle rêve d’émancipation et de fuir le quartier populaire de Yedikule où elle a grandi. Salih, son amoureux, apprenti menuisier, veut édifier une nouvelle Turquie, en commençant par le quartier qu’il habite. Pour ne pas se contenter de survivre et de crever, les quatre personnages cherchent à donner un sens à leur vie. Ils se cherchent, se séparent, se retrouvent. L’auteure les décrit dans leur milieu familial, parmi leurs amis et leurs connaissances, à l’intérieur de leur quartier. C’est une autre façon d’arpenter Istanbul, d’en découvrir les différentes communautés, les populations interlopes, les prostituées et les mendiants. Istanbul évolue à une vitesse folle, les quartiers, les paysages, les habitants changent, pas toujours pour le meilleur. Pinar Selek sait remarquablement décrire les atmosphères et la vie sociale très riche du Bosphore, raconter les révoltes du quotidien, peindre les gestes d’amitié, de solidarité, d’attention aux autres, les joies et les chagrins partagés, la peur parfois… Il se dégage de ces pages une intense chaleur humaine. La Maison du Bosphore, sorte d’utopie dans laquelle ceux qui vivent en marge de la société totalitaire turque des années 1980 peuvent se retrouver, est une réflexion sur l’appartenance, où l’amour et l’amitié deviennent des instruments de lutte contre l’obscurantisme et la violence.

Biographie

Pinar Selek est née à Istanbul en 1971. Sociologue, militante féministe et pacifiste, ses travaux et ses combats portent sur les droits de tous les exclus de la République turque. Sa vie bascule en juillet 1998 dans un invraisemblable imbroglio judiciaire lorsqu'elle est accusée à tort de terrorisme. Exilée en France depuis 2011, elle vit à Strasbourg.

La maison du Bosphore de Pinar Selek chez Liana Levi