Le loup : une histoire culturelle
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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 156 pages
Poids : 595 g
Dimensions : 20cm X 24cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-02-140395-4
EAN : 9782021403954

Le loup

une histoire culturelle

de

chez Seuil

Paru le | Broché 156 pages

Tout public

19.90 Indisponible

Les libraires en parlent

Chronique Page des libraires, rédigée par Manuel Hirbec Librairie La Buissonnière (Yvetot)

Le titre vibre sur une couverture sobre et élégante. L’ouvrage attire immédiatement l’œil. Cela est bien normal car, entre l’homme et le loup, il sera question de regards. Celui que Michel Pastoureau propose au lecteur est riche et passionnant. Dans une prose limpide, l’historien déroule la longue frise culturelle qui s’est développée en Europe au cours des siècles autour de la figure du loup. Ces constructions des imaginaires se déploient dans diverses formes de récits (fables, contes, romans, traditions et expressions orales, etc.) et par des représentations de toute nature (sculptures, tableaux, miniatures, dessins, etc.) : elles sont les fruits d’époques elles-mêmes soumises à de multiples enjeux historiques, religieux, économiques, écologiques et sociaux. Elles reflètent au final les relations symboliques, toujours riches de leurs contradictions et de leurs ambiguïtés, que nous entretenons avec l’animal et l’animalité. Une segmentation en douze temps forts éclaire cette histoire des imaginaires du loup. Ce chapitrage, rehaussé d’une profitable iconographie, donne à comprendre les basculements successifs des différentes représentations qui se succèdent, l’une supplantant la précédente sans jamais l’effacer complètement. De là surgit la compréhension des relations complexes, souvent tiraillées et contradictoires, que nous entretenons avec la figure du loup. Animal solaire dans les mythologies anciennes, la louve nourricière est la figure tutélaire de Rome sans pour autant y être systématiquement valorisée. Trouvant une place de choix dans le bestiaire du Diable chrétien, la figure du loup est souvent terrassée par les Saints avant d’être ridiculisée et moquée au Moyen Âge sous les traits d’Ysengrin dans le fondateur Roman de Renart. N’a-t-on alors plus peur du loup à cette époque ou conjure-t-on encore la peur qu’il inspire par le rire ? Figure incontournable et protéiforme des fables et des contes, figure de terreur à l’époque de la bête du Gévaudan, l’image du loup sera retournée au XXe siècle par celle du retour de la louve nourricière dans certaines œuvres pour la jeunesse. En creusant les imaginaires suscités par le loup, Michel Pastoureau révèle une histoire des hommes et des sociétés, en dévoile les complexités, donne les clés intelligibles des antagonismes contemporains, sortant par le haut de la culture les trop souvent stériles débats contemporains de la relation de l’homme au loup et du loup à l’homme. Faisant œuvre d’historien accessible à tous, il réjouit d’intelligence et de plaisir toutes celles et ceux qui ont une faim (de loup !) de savoirs et de connaissances, offrant par là même le plus beau des cadeaux.

Quatrième de couverture

Dans l'imaginaire européen, quelques animaux jouent un rôle plus important que les autres et forment une sorte de « bestiaire central ». Le loup en fait partie et en est même une des vedettes.

Il occupe déjà cette place dans les mythologies antiques, à l'exemple de la louve romaine, qui a nourri Romulus et Rémus, du loup Fenrir, destructeur du panthéon nordique, et des nombreuses histoires de dévorations, de métamorphoses et de loups-garous. Ces derniers sont encore bien présents au Moyen Âge, même si la crainte du loup est alors en recul. Les bestiaires dressent du fauve un portrait négatif et le Roman de Renarten fait une bête ridicule, bernée par les autres animaux et sans cesse poursuivie par les chasseurs et les paysans.

La peur du loup revient à l'époque moderne. Les documents d'archives, les chroniques, le folklore en portent témoignage : désormais les loups ne s'attaquent plus seulement au bétail, ils dévorent les femmes et les enfants. L'étrange affaire de la Bête du Gévaudan (1765-1767) constitue le paroxysme de cette peur qui dans les campagnes ne disparaît que lentement. Au XXe siècle, la littérature, les dessins animés, les livres pour enfants finissent par transformer le grand méchant loup en un animal qui ne fait plus peur et devient même attachant. Seuls la toponymie, les proverbes et quelques légendes conservent le souvenir du fauve vorace et cruel, si longtemps redouté.

Biographie

Historien reconnu des couleurs, Michel Pastoureau l'est aussi des animaux. Depuis sa thèse Le Bestiaire héraldique médiéval, soutenue en 1972, il n'a jamais cessé de travailler sur la symbolique animale et l'histoire de la zoologie. Parmi ses nombreux ouvrages publiés au Seuil, citons : L'Ours. Histoire d'un roi déchu (2007) ; Bestiaires du Moyen Âge (2011) ; Le roi tué par un cochon (2015) ; mais aussi, plus largement, parmi ses ouvrages illustrés : L'Art héraldique au Moyen Âge (2009) ; sa série consacrée aux couleurs : Bleu, Noir, Vert, et Rouge - Histoire d'une couleur (2000, 2008, 2013, 2016), complétée des Couleurs expliquées en images (en collaboration avec Dominique Simonnet, 2015) ou encore Le Grand Armorial équestre de la Toison d'or (en collaboration avec Jean-Charles de Castelbajac, Seuil/BnF, 2017).

Du même auteur : Michel Pastoureau