Le roi tué par un cochon
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Le roi tué par un cochon

une mort infâme aux origines des emblèmes de la France ?

de

chez Seuil

Collection(s) : La librairie du XXIe siècle

Paru le | Broché 232 pages

Public motivé

Grand format Livre broché
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Chronique Page des libraires, rédigée par Rodolphe Gillard Librairie des Halles (Niort)

Ce régicide, nul n’était mieux placé pour le traiter que Michel Pastoureau. L’historien se penche depuis tant d’années sur l’histoire des animaux qu’il allait bien finir par tomber dessus ! Cet événement fait sans nul doute partie des morts les plus ridicules de l’Histoire de France, mais a eu des conséquences importantes passées sous silence jusqu’à maintenant. Philippe s’était fait désigner successeur de son père Louis VI quand celui-ci viendrait à mourir. « Roi désigné » donc, mais roi tout de même ! Un beau soir d’octobre 1131, ce jeune roi de 15 ans s’en revenant de la chasse, croisa la route d’un porc dans les rues de Paris ; son cheval s’y empêtra, fit tomber le roi et finit par l’écraser ! Les chroniqueurs de l’époque invoquèrent le destin : le fatum tombait sur la monarchie ; et surtout les détails de cette mort, une mort causée par un cochon, était une véritable souillure sur la dynastie capétienne, une honte qu’il fallait coûte que coûte laver ! Pastoureau n’a pas son pareil pour débusquer les petites histoires de France qui éclairent d’un jour nouveau la « grande » Histoire : les procès intentés aux cochons au Moyen Âge, dit-il, sont révélateurs des mentalités, bien plus que d’autres procès ! Le porc avait en effet très mauvaise presse à l’époque : répugnant, il était aussi associé à la luxure et faisait déjà l’objet d’interdits alimentaires. Bref, symboliquement une mort causée par un porc était la pire des calamités. Mais dans cette micro-histoire, chaque détail compte, que Pastoureau décortique avec son soin coutumier : qu’apprend-on sur le physique du roi, ainsi que du roi désigné ? Ils étaient tous les deux gros, voire obèses, ce qui certes était un attribut royal à l’époque, mais les rapprochait fâcheusement, sur le plan symbolique, du porc régicide ! On assiste dès lors à une véritable écriture-camouflage de l’Histoire de la part de l’abbé Suger, de saint Bernard et de Louis VII en personne ! Ce dernier, dont la carrière ecclésiastique fut écourtée, associa la sainte Vierge à son règne : de fil en aiguille, le lis et l’azur sont devenus les attributs privilégiés de la Vierge, puis de la royauté. Ces emblèmes acquirent une telle force dans les années qui suivirent le régicide honteux, que ce dernier finit par disparaître des consciences.

Le bleu est la couleur de la France. Dans ce rôle ses origines sont
anciennes : elles se situent vers le milieu du XIIe siècle, lorsque le roi Louis VII
adopte deux attributs de la Vierge, le lis et l'azur, pour en faire les premières
armoiries royales. Par ce choix, non seulement il rend hommage à la mère
du Christ, patronne du royaume, mais surtout il tente d'effacer le souvenir
d'une mort infâme qui, quelque temps plus tôt, a souillé tout ensemble la
dynastie capétienne et la monarchie française : celle de son frère aîné Philippe,
jeune roi de quinze ans, déjà sacré et associé au trône, tombé de cheval
le 13 octobre 1131 à cause d'un misérable cochon de ferme vagabondant dans
une rue de Paris.

L'ouvrage de Michel Pastoureau raconte cet événement insolite, oublié
de tous les livres d'histoire, et étudie dans la longue durée ses multiples
conséquences. À bien des égards, cet accident provoqué par un animal
impur et méprisé, que les chroniques qualifient de porcus diabolicus, loin
d'être anecdotique, apparaît comme un événement fondateur.
En 1131, le prince Philippe, fils aîné du roi Louis VI le Gros, fait une chute de cheval mortelle, à cause d'un cochon. Cet événement permet de comprendre la portée symbolique du porc dans l'Europe chrétienne de l'époque. Pilier de l'alimentation et des débuts de la médecine, il est aussi le symbole d'un grand nombre de péchés : saleté, goinfrerie, stupidité, etc. ©Electre 2021
Format : Broché
Nb de pages : 232 pages
Poids : 380 g
Dimensions : 15cm X 23cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-02-103528-5
EAN : 9782021035285

Du même auteur : Michel Pastoureau