Le voyant
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Le voyant

de

chez Gallimard

Collection(s) : Blanche

Paru le | Broché 184 pages

Grand format Livre broché
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Chronique Page des libraires, rédigée par Bertrand Morizur Librairie L’Arbre du voyageur (Paris 5e)

Dans cet ouvrage, bref et dense, mû par le même élan lyrique et passionné qui l’amena sur les traces de Jean Prévost il y a dix ans, Jérôme Garcin veut réparer une erreur de l’Histoire, cette invention humaine qui parfois plonge dans l’oubli les héros qui la peuplent. En composant un hommage en forme de biographie à Jacques Lusseyran, il évite les pièges de l’hagiographie : il revient sur le parcours mouvementé de cet homme doté d’un appétit pour la vie peu commun, sans toutefois manquer de relever ses errements et ses failles. La vie de Jacques Lusseyran est bouleversée lorsque, à l’âge de 8 ans, il perd la vue à la suite d’un accident. Cet événement va influencer considérablement sa personnalité, même si l’enfant semble pressentir le drame qui l’attend et développe une attention particulière aux couleurs, aux effets changeants de la lumière, à son environnement naturel. La suite est connue et a été racontée dans l’autobiographie de Lusseyran, Et la lumière fut (Le Félin) : la force de caractère de sa mère, qui lui permet de mener de brillantes années d’études dans des établissements non spécialisés, son engagement dans la Résistance et sa déportation au camp de Buchenwald dont il sortira au bout d’un an de captivité. Hélas, comme pour beaucoup d’anciens déportés, le retour en France est éprouvant. Cet homme rescapé de l’enfer, d’une intelligence exceptionnelle, se voit refuser, pour cause de cécité, le droit de se présenter aux concours de la fonction publique. Les lois infamantes sont toujours en vigueur à la Libération… La dépression menace Jacques Lusseyran, qui, jeune marié, trouve cependant le moyen de partir enseigner en Grèce, puis de dispenser des cours dans différentes Alliances françaises d’Europe. Enfin, c’est aux États-Unis qu’il trouvera des postes de professeur de littérature et de philologie qui rendront justice à ses connaissances et à son talent d’orateur, jusqu’à ce que d’énièmes frasques sexuelles l’obligent à fuir en compagnie de sa nouvelle compagne, jusqu’en France où les deux amants trouveront la mort dans un accident de voiture. Jacques Lusseyran avait alors 47 ans. C’est la face lunaire d’un homme qui voulait vivre intensément et se heurta aux conventions sociales. Jérôme Garcin sait parfaitement restituer la figure complexe du résistant débrouillard, de l’amoureux de la vie qui s’en remet à un maître spirituel, du père négligent et de l’amant fougueux. Le talent de l’auteur consiste à émailler son récit de témoignages de proches, comme celui de Claire Lusseyran, qui entretient fidèlement la mémoire de son père. Jérôme Garcin glisse également des apartés dans lesquels il évoque la place qu’occupe le cheval dans sa vie, ou encore son regret de ne pas s’être entretenu avec son ami Jorge Semprun à propos de Jacques Lusseyran. Plus que les passages attendus sur la force intérieure de l’« aveugle résistant », ce sont ces moments d’intimité et d’empathie avec Jacques Lusseyran qui donnent au récit sa dimension universelle.

Le voyant

« Le visage en sang, Jacques hurle : « Mes yeux ! Où sont mes yeux ? » Il vient de les perdre à jamais. En ce jour d'azur, de lilas et de muguet, il entre dans l'obscurité où seuls, désormais, les parfums, les sons et les formes auront des couleurs. »

Né en 1924, aveugle à huit ans, résistant à dix-sept, membre du mouvement Défense de la France, Jacques Lusseyran est arrêté en 1943 par la Gestapo, incarcéré à Fresnes puis déporté à Buchenwald. Libéré après un an et demi de captivité, il écrit Et la lumière fut et part enseigner la littérature aux États-Unis, où il devient « The Blind Hero of the French Résistance ». Il meurt, en 1971, dans un accident de voiture. Il avait quarante-sept ans.

Vingt ans après Pour Jean Prévost (prix Médicis essai 1994), Jérôme Garcin fait le portrait d'un autre écrivain-résistant que la France a négligé et que l'Histoire a oublié.
Jacques Lusseyran, né en 1924, devient aveugle à l'âge de 8 ans. Membre de la Résistance, il est arrêté en 1943 et déporté à Buchenwald. Libéré, il écrit et enseigne la littérature aux Etats-Unis. Il meurt à 47 ans dans un accident de voiture. Prix Nice-Baie des Anges 2015, prix Relay des voyageurs 2015, prix d’une vie Le Parisien Magazine 2015. ©Electre 2019
Format : Broché
Nb de pages : 184 pages
Poids : 260 g
Dimensions : 14cm X 21cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-07-014164-7
EAN : 9782070141647

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