Pas pleurer
facebook twitter

Pas pleurer

de

chez Seuil

Collection(s) : Cadre rouge

Paru le | Broché 278 pages

Grand format Livre broché
18.50 Disponible - Expédié sous 6 à 10 jours ouvrés - COVID oblige
Ajouter au panier Frais de livraison

Chronique Page des libraires, rédigée par Sandrine Maliver-Perrin Librairie Sauramps (Montpellier)

Pas pleurer. Ce titre qui ne peut laisser indifférent, Lydie Salvayre le doit à la poétesse russe Marina Tsvetaïeva. Dans une lettre adressée à Boris Pasternak, en se remémorant des sentiments douloureux, cette dernière s’arrête et note : « pas pleurer ». Mais ce « pas pleurer », c’est aussi une posture héritée par l’auteure de sa mère, jeune Catalane en exil et arrivée seule en France à l’adolescence. Elle n’a jamais pleuré et l’interdit à sa fille. Cette mère parle un français de guingois, une langue baroque truffée d’hispanismes et de mots inventés. Lydie considèrera longtemps la langue de son enfance comme un handicap et n’aura de cesse de cultiver à l’école et avec les livres « la belle langue ». Devenue adulte, elle comprend que cette langue française tant admirée et celle de ses parents ne vont pas l’une sans l’autre et font sa force. Montse, la mère de la narratrice, nous donne à entendre cette langue maternelle extraordinaire et sa manière de rafraîchir le français. Un délice à la lecture. Hommage à la mère, mais également hommage à Georges Bernanos, l’écrivain des Grands cimetières sous la lune (Le Castor astral), « témoignage d’un homme libre » dénonçant les répressions franquistes. La langue bancale mais envoûtante de la mère dialogue avec celle de l’auteure pour raconter ce court moment où les anarchistes prirent le pouvoir en Espagne en août 1936. Témoins de cette période tragique de l’Histoire, ils nous la content chacun à leur manière et à leur tour. S’entrelacent ainsi le texte de Bernanos, que la narratrice feint de lire, et la parole de la mère, longtemps retenue, qui raconte, soixante-quinze ans plus tard, ces trois mois d’euphorie qui la marquèrent à jamais. Que dire de plus sans trop en dévoiler, sinon que, dans ma langue à moi, on dit d’un roman de cette qualité que c’est un chef-d’œuvre.

Deux voix entrelacées.

Celle, révoltée, de Bernanos, témoin direct de la guerre
civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les
nationaux avec la bénédiction de l'Église contre «les
mauvais pauvres».

Celle, roborative, de Montse, mère de la narratrice et
«mauvaise pauvre», qui, soixante-quinze ans après les
événements, a tout gommé de sa mémoire, hormis les
jours enchantés de l'insurrection libertaire par laquelle
s'ouvrit la guerre de 36 dans certaines régions d'Espagne.

Deux paroles, deux visions qui résonnent étrangement
avec notre présent et font apparaître l'art romanesque
de Lydie Salvayre dans toute sa force, entre violence et
légèreté, entre brutalité et finesse, porté par une prose
tantôt impeccable, tantôt joyeusement malmenée.
Deux voix s'entrelacent. En premier celle de Georges Bernanos, témoin direct de la guerre civile espagnole, qui dénonce la terreur exercée par les nationalistes et l'Eglise catholique. En second celle de Montse, mère de la narratrice, qui conserve pour seul souvenir la joie des jours radieux de l'insurrection libertaire. Prix du Salon Le livre sur la place 2014 (Nancy), prix Goncourt 2014. ©Electre 2021
Format : Broché
Nb de pages : 278 pages
Poids : 315 g
Dimensions : 14cm X 21cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-02-111619-9
EAN : 9782021116199

Du même auteur : Lydie Salvayre