Poissy : cité d'art, d'histoire et d'industrie : Yvelines
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Fiche technique

Format : Relié sous jaquette
Nb de pages : 127 pages
Poids : 880 g
Dimensions : 22cm X 31cm
Date de parution :
EAN : 9782905913388

Poissy

cité d'art, d'histoire et d'industrie
Yvelines

de

chez Association pour le patrimoine d'Ile-de-France

Collection(s) : Images du patrimoine

Paru le | Relié sous jaquette 127 pages

Tout public

14.00 Indisponible

sous la direction de Dominique Hervier | texte Sophie Cueille | photographies Jean-Bernard Vialles


Quatrième de couverture

Poissy, de Saint Louis à Ford: voici en un raccourci séduisant l'histoire de la ville tant les deux personnages, l'un royal, l'autre industriel sont les figures emblématiques qui ont fait la renommée de Poissy.

Grand centre commercial et religieux du Moyen Âge jusqu'aux premières décennies du XIXe siècle, la capitale du Pincerais est en effet encore aujourd'hui l'un des plus importants pôles de production automobile de France.

Si l'on vient déjà à Poissy de toutes les parties du monde pour y contempler l'un des chefs d'oeuvre de l'architecture du XXe siècle, la villa Savoye construite par Le Corbusier, pourquoi ne pas s'y attarder pour découvrir un autre patrimoine? La visite de l'une des grandes collégiales du département des Yvelines, le cheminement sur une ruelle pavée à la recherche d'un prieuré disparu, l'évasion vers le charme de la villégiature pittoresque des bords de Seine, la découverte d'une architecture édilitaire, industrielle ou sportive, autant de suggestions pour une approche renouvelée de l'une des plus attachantes cités de l'Ouest parisien.

L'Inventaire recense, étudie et fait connaître le patrimoine artistique de la France. Les Images du Patrimoine présentent une sélection des plus beaux monuments et oeuvres de chaque région.

Ville renommée en Île-de-France, tout au long du Moyen Âge, d'abord grâce à la forte personnalité de Saint Louis qui y fut baptisé, puis par son rayonnement commercial, Poissy marque encore de son empreinte l'histoire moderne régionale. La force de son marché aux bestiaux, plus récemment sa spécificité industrielle en faisant, depuis le siècle dernier, un fleuron de l'aventure automobile, ne doivent pas effacer une autre richesse: celle de son patrimoine architectural.

Un ouvrage remarquable aux illustrations de grande qualité consacre cet aspect et apporte une nouvelle pièce incontournable à la bibliographie pisciacaise en ce début de XXIeme siècle.

Evocations d'un passé lointain et témoignages de l'histoire moderne caractérisent cette proposition de découverte. Bien sûr elle sera livresque au fil de ses pages, mais comment ne pas recommander aux lecteurs de devenir promeneurs et de suivre alors le cheminement proposé par l'auteur?

Sophie Cueille, historienne de l'art, nous replonge dans notre passé, grâce à une étude méthodique menée dans le cadre des travaux de l'Inventaire Général des monuments et des richesses artistiques des Yvelines. Le résultat de cette enquête nous conduit à un agréable voyage à travers l'architecture ancienne et moderne, enrichi de photographies, d'illustrations et de commentaires qui laissent entrevoir toute la passion avec laquelle cet ouvrage a été réalisé. Bien éloigné de toute prétention exhaustive, il révèle au contraire des trésors choisis au détour de nos rues, de nos monuments, soulignant le talent des architectes des temps jadis ou de ceux des temps contemporains.

Nous sommes heureux que cette passion pour Poissy rejoigne la prestigieuse collection «Images du Patrimoine», et la Ville de Poissy ne peut qu'en féliciter ses auteurs. Partagée, pour sa conception, par la Direction Régionale des Affaires Culturelles, le Conseil Général des Yvelines et la Ville de Poissy, souhaitons maintenant qu'elle soit partagée par un large public et de nombreux promeneurs.

25 mars 1969 [...]

En même temps qu'il complète nos connaissances, il [l'inventaire] suggère une mise en question sans précédent des valeurs sur lesquelles ces connaissances se fondent. Les objets d'archéologie peuvent être définis en tant que témoins. On les rassemble selon des méthodes d'ordre scientifique, ou qui tentent de l'être. L'inscription inconnue rejoint l'inscription connue, et le morceau d'architrave, la colonne mutilée. Il n'en va pas de même des oeuvres d'art. Au musée, dans notre mémoire, dans nos inventaires, l'objet inconnu, depuis un siècle, rejoint moins l'objet connu que l'oeuvre dédaignée ne rejoint l'oeuvre admirée. L'inventaire qui rassemblait les statues romaines de Provence n'était pas de même nature que celui qui leur ajoute les têtes de Roquepertuse et d'Entremont.

Il ne s'agit pas seulement d'une «évolution du goût». (Évolution d'ailleurs troublante, comme celle de la mode, car nul n'a expliqué ce qui pousse les hommes à être barbus sous Agamemnon, Henri IV et Fallières et rasés sous Alexandre ou Louis XV.) Ce n'est pas seulement le goût qui, dans les inventaires, ajoute les statues romanes aux statues romaines, et les oeuvres gothiques aux oeuvres romanes avant de leur ajouter les têtes d'Entremont. Mais ce ne sont pas non plus les découvertes, car les oeuvres gothiques n'étaient point inconnues: elles n'étaient qu'invisibles. Les hommes qui recouvrirent le tympan d'Autun ne le voyaient pas, du moins en temps qu'oeuvre d'art. Pour que l'oeuvre soit inventoriée, il faut qu'elle soit devenue visible. Et elle n'échappe pas à la nuit par la lumière qui l'éclaire comme elle éclaire les roches, mais par les valeurs qui l'éclairent comme elles ont toujours éclairé les formes délivrées de la confusion universelle. Tout inventaire artistique est ordonné par des valeurs: il n'est pas le résultat d'une énumération, mais un filtrage.

Nous écartons, nous aussi, les oeuvres que nous ne voyons pas. Mais que nous puissions ne pas les voir, nous le savons, et nous sommes les premiers à le savoir; et nous connaissons le piège de l'idée de maladresse. Si bien que nous ne tentons plus un inventaire des formes conduit par la valeur connue: beauté, expression, etc. qui orientait la recherche ou la résurrection, mais, à quelques égards, le contraire: pour la première fois, la recherche, devenue son objet propre, fait de l'art une valeur à redécouvrir, l'objet d'une question fondamentale.

Et c'est pourquoi nous espérons mener à bien ce qui ne put l'être pendant cent cinquante ans: l'inventaire des richesses artistiques de la France est devenu une aventure de l'esprit.

André Malraux

Biographie

Sophie Cueille, chercheur à l'Inventaire général d'Île-de-France, est l'auteur de plusieurs ouvrages publiés dans les collections du Ministère de la culture. Le Vésinet, modèle français d'urbanisme paysager (1858-1930), Cahiers du patrimoine n°17, APPIF-Imprimerie nationale, 1989, rééd. 2002, De la vallée de la Seine à la forêt de Marly. Le Pecq-sur-Seine, Fourqueux, Mareil-Marly, Images du Patrimoine, n°154, APPIF, 1995, Maisons-Laffitte, Parc, paysage et villégiature, 1630-1930, Cahiers du patrimoine n°53, APPIF, 1999. Elle est spécialiste de l'architecture de la villégiature au XIXème siècle.

Du même auteur : France. Inventaire général des monuments et des richesses artistiques de la France. Commission régionale Ile-de-France