Polaroïds
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Polaroïds

de

chez Sabine Wespieser éditeur

Paru le | Broché 158 pages

Grand format Livre broché
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préface de Georges Didi-Huberman


Chronique Page des libraires, rédigée par François Reynaud Librairie des Cordeliers (Romans-sur-Isère)

Près de soixante-dix Polaroïds. Des poèmes lus à toute vitesse – mais chacun procèdera comme il veut. Et voilà que je ressors ébloui par l’expérience. La poésie comme je l’aime. Pas celle, mal rimée, qu’on cueille en recueils. Non, celle qui parle aux yeux et révèle le monde devant lequel on passe sans le voir. Marie Richeux apparaît avec ses mots et, l’espace d’un instant, en une trentaine de lignes, elle saisit, révèle ce qui était là, ces détails secrets, ces couleurs, ces parfums dissimulés. C’était là. On ne le savait pas. Quelques lignes plus tard, l’éblouissement du flash passé, on jubile d’être désormais initié aux mystères. Marie Richeux sait contempler la réalité la moins rutilante. La poésie, c’est ce qui est là, gratuit, inutile, offert à chacun. Regardez cet arbre planté au milieu du jardin d’une maison parfaitement convenable, il a deux cordes et, « comme personne n’a voulu se pendre, on en a fait une balançoire ». Par bonheur, un enfant de 12 ans s’apprête à en tomber… Je ne connais rien de plus beau.

Polaroïds. Polaroïds,  »donc : « se polariser » sur la texture même des choses. S'approcher, se pencher, donner sa place au minuscule. Mais, aussi, « polariser » les rapports que chaque chose entretient avec ses voisines : se déplacer, faire changer l'incidence de la lumière, donner sa place à l'intervalle. Dans l'économie - je veux dire le rythme de vie - de Marie Richeux, il s'agit, si j'ai bien compris, d'écrire chaque jour un récit en miniature, l'ekphrasis d'une seule image, l'état des lieux d'une seule situation, et de le transmettre presque aussitôt, façon d'en partager la jouissance, à la radio, par lecture interposée, la voix jouant ici le rôle du matériau polarisant permettant le « développement instantané » de l'image racontée.

Les courtes fictions réunies dans ce recueil ont été choisies parmi celles que Marie Richeux écrit quotidiennement pour « Pas la peine de crier », l'émission qu'elle produit depuis 2010 sur France Culture. Chacun de ces textes, lu à l'antenne, entend faire naître une image progressivement, comme se révélait la photographie sur un Polaroid. La présente sélection (d'une soixantaine sur plus de six cents écrits au fil des jours), dans sa forme aléatoire et buissonnière, révèle sans conteste le tempérament d'un écrivain.
Ce recueil contient une soixantaine de courtes fictions sélectionnées parmi plus de 600 textes lus quotidiennement sur France Culture. Ils entendent mettre en scène une image qui naît progessivement comme se révèle une photographie sur un Polaroïd. ©Electre 2019
Format : Broché
Nb de pages : 158 pages
Poids : 186 g
Dimensions : 14cm X 19cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-84805-154-3
EAN : 9782848051543

Du même auteur : Marie Richeux