Profession du père

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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 315 pages
Poids : 324 g
Dimensions : 14cm X 21cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-246-85713-6
EAN : 9782246857136

Profession du père

de

chez Grasset

Collection(s) : Littérature française

Paru le | Broché 315 pages

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Les libraires en parlent

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"Mon père, ma mère et moi juste nous trois, une secte minuscule avec son chef et ses disciples, ses codes!"
Entre réalité et fiction, Chalandon crève l'abcès dans Profession du père.
Il nous fascine et ses mots nous bouleversent.

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Il est des auteurs qui laissent une trace indélébile, Chalandon fait assurément partie de ceux-là.
Se servant de l'écriture comme exutoire, chacun de ses livres est renversant et souvent terrifiant quant à la capacité des Hommes à se détruitre.
Sorj Chalandon livre cette fois un roman bien plus introspectif avec pour sujet principal non pas la guerre, mais une toute autre bataille : l'appréhension d'un père par son fils.

Chronique Page des libraires, rédigée par Barbara Ferrari Librairie Majolire (L’Isle d’Abeau)

Personne n’a jamais franchi le seuil de leur maison. Aucun ami, aucune famille, aucun collègue. Même les grands-parents ne sont pas les bienvenus. Le jeune Émile vit dans un huis clos étouffant, entre un père paranoïaque et une mère passive. Au collège, nous avons tous eu à remplir la traditionnelle fiche de renseignements que distribuent les enseignants le jour de la rentrée scolaire. Mais que noter à la case « Profession du père », quand celui-ci se prétend tour à tour parachutiste, pasteur, ou encore conseiller personnel du général De Gaulle ? Émile trouve la parade pour éviter d’être questionné à ce sujet : il écrit « sans ». Sans profession. Pourtant, lorsque ce père le considère suffisamment âgé pour connaître la vérité, Émile est mis dans la confidence. Non, papa ne reste pas en pantoufles toute la journée comme son fils semble le croire, c’est un leurre… il est agent secret ! Se sentant personnellement trahi par De Gaulle au moment des Accords d’Évian, il décide de transformer son fils en petit soldat chargé d’abattre le Général. Émile aura l’honneur d’appuyer sur la détente, mais toute la logistique sera supervisée par son parrain dont il ignorait jusqu’à l’existence : un dénommé Ted, agent de la CIA. Entraînement physique à domicile et petites missions d’évaluation sont alors programmés pour l’adolescent. La violence fait désormais partie de son quotidien, à chaque niveau : violence physique de ce père qui se déchaîne sur lui, violence psychologique des délires paternels, et absence quasi totale de protection maternelle. Comment vivre sa jeunesse lorsque les affabulations et les déferlements de colère de son propre père empêchent le simple fait d’avoir des amis ? Ou que ses mensonges se propagent dans l’esprit encore candide de l’enfant ? L’entrée dans l’âge adulte sera brutale : Émile est littéralement abandonné quand ses parents décident de déménager et lui annoncent qu’il n’a plus sa place au sein du foyer. Finalement, cet éloignement forcé sera peut-être son seul salut. Ce roman sur son père a longtemps germé dans l’esprit de Sorj Chalandon avant d’être couché sur le papier. N’osant pas aborder le sujet directement, l’auteur avait disséminé dans ses précédents romans une multitude d’éléments en référence à ce passé troublé : un soldat à l’enfance battue dans Retour à Killybegs, un vieil homme affabulateur dans La Légende de nos pères, ou encore un gone de Lyon dans Le Petit Bonzi (Le Livre de Poche). Sorj Chalandon, ancien grand reporter qui s’est vu décerner le prix Albert-Londres, a beaucoup écrit sur les guerres. À la lecture de Profession du père, on comprend désormais pourquoi. Quand il fait dire à son personnage : « J’ai pleuré. Pas pour la douleur mais pour l’injustice », on imagine bien qu’il ne s’agit pas seulement de la réaction d’un enfant battu. On y lit la vie d’un homme plein d’empathie et de compassion. Chalandon confirme ici son statut de grand auteur, un des plus grands parmi nos contemporains, indiscutablement.

Quatrième de couverture

« Mon père disait qu'il avait été chanteur, foot-balleur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d'une Église pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu'en 1958. Un jour, il m'a dit que le Général l'avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m'a annoncé qu'il allait tuer de Gaulle. Et il m'a demandé de l'aider.
Je n'avais pas le choix.
C'était un ordre.
J'étais fier.
Mais j'avais peur aussi...
À 13 ans, c'est drôlement lourd un pistolet. »
S. Ch.

Biographie

Après trente-quatre ans à Libération, Sorj Chalandon est aujourd'hui journaliste au Canard enchaîné. Ancien grand reporter, prix Albert-Londres (1988), il est aussi l'auteur de six romans, tous parus chez Grasset. Le Petit Bonzi (2005), Une promesse (2006 - prix Médicis), Mon traître (2008), La Légende de nos pères (2009), Retour à Killybegs (2011 - Grand Prix du roman de l'Académie française), Le Quatrième Mur (2013 - prix Goncourt des lycéens).

Du même auteur : Sorj Chalandon