Sous les serpents du ciel
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Sous les serpents du ciel

de

chez Rivages

Collection(s) : Littérature francophone

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Xavier Capodano (Le Genre urbain - Librairie)

Nous sommes dans un futur qui n'est pas bien loin, au Proche Orient, d'un côté, "une autorité officielle", de l'autre "les oubliés de l'Histoire", le tout séparé par un gigantesque mur (quadrillé par les drones) qui n'en finit pas. A travers la mort d'un jeune adolescent, Walid, survenue vingt ans plus tôt et qui était passé maître dans l'usage du cerf-volant pour narguer et défier "ses geôliers", Emmanuel Ruben, à travers plusieurs personnages qui ont connu notre héros malheureux, nous propose un roman chorale extrêmement bien tenu qui va nous plonger dans un monde qui semble basculer vers le séparatisme global. Car si la narration se déroule au Proche Orient, nous pourrions être à Belfast, Juarez ou dans n'importe quelle banlieue reléguée à sa misère. Mais, malgré son jeune age, Emmanuel Ruben est un "viel utopiste" et peut-être, pour lui, le salut viendra des femmes... Alors pour découvrir tout cela, vous l'avez compris, nous vous encourageons fortement à lire ce roman et cela tombe bien, c'est un grand livre.

Chronique Page des libraires, rédigée par Marie Michaud Librairie Gibert Joseph (Poitiers)

La première brèche dans l’imposant mur de béton – qu’on appelle dans l’Archipel le « grand barrage » – avait eu lieu à l’automne 2017 quand Walid, un adolescent pilotant un étrange cerf-volant, avait été pulvérisé par une bombe. Quand le roman s’ouvre, vingt ans plus tard, ce sont d’autres adolescents, « funambules de la frontière », qui sont en première ligne pour faire tomber le mur. Viennent ensuite les femmes, innombrables et belles, qui s’interposent entre les cailloux des jeunes et les fusils des soldats. Sous les yeux du monde entier, à travers les écrans des télévisions, le défi d’un enfant aux diktats des adultes s’est transformé en soulèvement d’un peuple opprimé. Emmanuel Ruben nous donne à entendre six voix pour espérer saisir un peu de la complexité de la situation, chacune justifiant son rôle dans la mort de Walid, chacune questionnant les enjeux de la chute du mur. Il y a là Daniel, ancien moine archéologue, Mike, chef des gardes-frontières, Djibril, chef des « border angels », Samuel, ancien observateur pour l’ONU et Walid lui-même, qui semble imposer sa parole au romancier parce que « si les romans ne servent pas à rendre la parole à ceux qui l’ont perdue, alors je vois pas du tout à quoi ils pourraient bien être utiles ». La sixième voix est celle du chœur des femmes, un chant poétique de révolte contre les guerres des hommes, contre la mort des enfants, contre la misère et l’oppression. Si le « grand barrage » ressemble beaucoup à un mur existant au Proche-Orient, il est peut-être aussi tous les murs, réels et symboliques, qui séparent les hommes et morcèlent le monde, le roman invitant le lecteur à réfléchir à leurs rôles et leurs dangers. Roman engagé aux accents de fable, Sous les serpents du ciel est un texte d’une grande puissance.

Un matin d'automne, au milieu du XXIe siècle, près d'une vieille ville orientale, quelque part entre la mer et le désert. Les premiers pans du grand barrage qui sépare les Îles du Levant se fissurent. Pendant la chute du mur, quatre hommes prennent la parole à tour de rôle et imaginent le futur. Mais leur passé les rattrape, car tous se souviennent de la mort de Walid, un adolescent qui, vingt ans auparavant, faisait voler son cerf-volant au-dessus de la frontière lorsqu'il fut assassiné dans des conditions mal élucidées.

Chacun, selon son point de vue, raconte l'histoire de ce jeune révolté. Mais la voix de Walid se mêle peu à peu à celle des quatre narrateurs, pour dire le vrai sens de sa révolte. Des choeurs de femmes l'accompagnent dans cette quête, chantant la tristesse et la beauté d'une terre écartelée, où les hommes n'ont jamais fait que promettre la guerre et profaner la paix.

Dans ce roman choral aux accents d'épopée, Emmanuel Ruben explore de nouveau la frontière de l'Occident et malmène la géographie réelle pour nous proposer une vision renouvelée d'une Histoire sans fin.
Au milieu du XXIe siècle, les pans du grand barrage de l'île du Levant se fissurent. Dans une vieille ville anonyme, quatre hommes prennent alors la parole pour imaginer le futur. Ils se souviennent ensuite de la mort de Walid, un adolescent qui a été tué vingt ans auparavant alors qu'il faisait voler un cerf-volant au-dessus de la frontière. ©Electre 2018

Du même auteur : Emmanuel Ruben