Typoésie
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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 461 pages
Poids : 1000 g
Dimensions : 17cm X 22cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-7427-5798-5
EAN : 9782742757985

Typoésie

chez Actes Sud

Paru le | Broché 461 pages

Tout public

29.40 Indisponible

Quatrième de couverture

Que les lettres de l'alphabet soient indispensables à la manifestation de la pensée est certain. Pourtant, nombreux sont ceux qui l'oublient ou le nient. Cet ouvrage regroupe des compositions tant littéraires que plastiques dont le dénominateur commun est tel que le fond et la forme y sont rigoureusement indissociables, ce qui n'est pas le cas des calligrammes. Il fallait donc trouver un terme adéquat pour les désigner. Avec ce mot Typoésie qu'il a forgé et auquel il a donné l'aspect graphique reproduit sur la page de titre, Peignot met en évidence l'existence d'un genre poétique à part entière.

Pour montrer que cette poésie se manifeste en ayant recours aussi bien aux lettres et à la ponctuation qu'aux chiffres et aux notes, cette anthologie est divisée en cinq parties : Typographie, Poésie visuelle, Chiffres, Peinture, Musique.

Regroupant des oeuvres typographiques de premier plan, comme celles de Zwart, le Bifur de Cassandre ou les somptueuses trouvailles de l'Américain Lubalin, le chapitre intitulé «Typographie» démontre que les premiers à générer la poésie sont les caractères eux-mêmes.

Peignot rend hommage ensuite à la poésie visuelle apparue en Allemagne dans les années cinquante avec Gomringer, Mon et Rühm. Des poètes brésiliens, Pignatari et les frères de Campos, en ont fait peu après de véritables chefs-d'oeuvre. Puis ce fut le tour des poètes italiens, britanniques, espagnols et américains d'enrichir la typoésie, devenue avec eux un nouveau mode d'expression tantôt contestataire tantôt publicitaire. Peignot avoue sa fascination pour les typoèmes d'Ockerse, de Solt, de Williams et de Xisto qui, par leur perfection plastique, témoignent que, d'abord composée d'idéogrammes, après 3 500 ans d'existence alphabétique, l'écriture y revient. Ainsi, des poètes tels Dotremont, Roubaud ou Crombie se montrent à ce point habiles à s'introduire entre le visible et le lisible, qu'on ne sait plus de quel art relèvent leurs oeuvres : de l'art graphique ou de la poésie.

Le troisième chapitre est consacré aux typoèmes de nombres. De cet ensemble ressort qu'en effet les mots comptent.

Ensuite, Peignot regroupe les typoèmes de peintres qu'il a découverts à la faveur de ses recherches. Ce faisant, il atteste qu'Adami, Dupuy, Fauconnet, Hains, Kolar ou Melin sont capables de rivaliser d'adresse avec Duchamp, El Lissitzky, Magritte ou Matisse.

Enfin dans «Musique», Typoésie réunit quelques-uns des plus beaux typoèmes musicaux connus à ce jour. J.-S. Bach, Gounod, Probst, Ravel, Schönberg, Webern, chacun à sa manière, nous assurent que, même sur le plan visuel, il est possible de faire revenir l'abstraction musicale au bercail du concret, chaque compositeur se mettant à la portée de ceux qui ne lisent pas les notes.

Chaque fois que le besoin s'en est fait sentir, Peignot s'est référé aux explications que les auteurs ont fournies sur leur oeuvre. Ainsi on trouvera des textes de Leiris, Cassandre, Guy Levis Mano, Raymond Gid, El Lissitzky, Pierre et Ilse Garnier, Excoffon, Dotremont... et Alexandre Sorel pour ce qui concerne la musique.

D'un bout à l'autre de Typoésie, les oeuvres se répondent, elles contribuent à l'élaboration moins d'une anthologie, au demeurant infaisable tant la matière est riche, que d'un livre d'auteur.

Biographie

Jérôme Peignot est un écrivain né dans le plomb. Il est l'héritier de la célèbre lignée des fondeurs de caractères qui, depuis Balzac, a donné à la typographie française contemporaine ses plus belles lettres de noblesse. Lui aussi vend des caractères d'imprimerie mais sous forme de romans et d'essais. Cependant il a continué à vouer un culte à la belle typographie, et rêve d'une forme pure où signe, signifiant et signifié formeraient un tout indissociable.

Dans le but d'introduire la discipline de l'Écriture et de la typographie à l'Université, en 1985, il a passé le doctorat d'État ès lettres sur le thème de la calligraphie latine.

Chargé de mission par le ministère de la Culture, il insiste dans son rapport, tant sur l'urgence du sauvetage du plomb, partie intégrante du patrimoine national, que sur l'importance de développer l'enseignement de l'écriture, dans tous les sens du terme, dans l'enseignement primaire, secondaire et supérieur comme dans les écoles d'art. Enfin le «Rapport Peignot» analyse les conditions du transfert de la typographie du plomb sur informatique sans que la qualité graphique des caractères ait à en souffrir.