Une longue impatience
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Une longue impatience

de

chez Noir sur blanc

Collection(s) : Notabilia

Paru le | Broché 190 pages

Grand format Livre broché
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Chronique Page des libraires, rédigée par Bénédicte Cabane Librairie des Danaïdes (Aix-les-Bains)

Dans un petit village de Bretagne, Anne Le Floch vit quelques années de bonheur simple avec son mari Yvon et son fils Louis. Les temps sont durs, c’est la guerre (la Seconde), il n’y a pas toujours de quoi manger. Qu’importe, l’essentiel c’est qu’ils sont bien là, tous les trois, ensemble. Et puis, le drame arrive, qui marque la fin des temps heureux. Yvon meurt en mer. Commence alors pour Anne un difficile temps de veuvage. En charge d’un enfant, elle prend le chemin d’une usine à la ville, une conserverie. Et puis la guerre cesse. Étienne Quémeneur, un notable du village, amoureux d’elle depuis l’enfance, l’apprivoise peu à peu et finit par l’épouser. Gabriel arrive, puis Jeanne. Le bonheur. Mais non. Louis, qu’Étienne avait promis d’aimer comme son fils, gêne. Il veut pourtant l’aimer cet enfant qui n’y est pour rien mais qui lui rappelle trop un défunt rival contre lequel il ne peut lutter. Alors, un soir, c’est le geste de trop. Louis a seize ans. Et le roman s’ouvre sur ces mots : « ce soir, Louis n’est pas rentré ». Commence alors une longue, longue attente. Anne, pour la tromper, se met à écrire un journal. Elle y déroule le fil de sa vie. Et puis, elle écrit aussi des lettres qu’elle envoie à son fils, comme on jette des bouteilles à la mer. Un temps, elle a cru que son fils lui reviendrait vite. Elle a enquêté, trouvé le bateau sur lequel il avait embarqué, suivi son trajet et est venu l’attendre à son retour au port. Mais Louis n’y était pas. Et, peu à peu, à chaque arrivée d’un grand cargo où ce fils n’apparaissait jamais, elle a cessé d’y croire sans jamais cessé d’attendre pourtant. Et puis, il fallait bien vivre pour Étienne, son mari vivant, et Gabriel et Jeanne, ses enfants présents. Mais quelque chose s’est brisé en elle. C’est la fin. Et aussi le début de quelque chose d’autre. Tout le long de ce long journal intime et des quelques lettres directement adressées au fils, Gaëlle Josse nous brosse avec justesse, pudeur et talent le portrait de cette femme, de cette mère. Les sentiments exprimés sont intemporels et touchent le lecteur à l’âme. Anne est universelle, un nouveau visage de la Mater Dolorosa. L’écriture est ciselée, rien n’est à ajouter, rien n’est à enlever, tout est dit. À de rares moments, l’auteure a donné la parole à d’autres narrateurs, Étienne ou Louis. Le lecteur se surprend à en vouloir plus de ce côté : creuser les ressentis de ceux-ci et d’autres, comme Gabriel et Jeanne qui ont eu une mère aimante et absente en même temps. Une idée de suite ? En tout cas, ce roman est un petit bijou.

Ce soir-là, Louis, seize ans, n'est pas rentré à la maison. Anne, sa mère, dans ce village de Bretagne, au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, voit sa vie dévorée par l'attente, par l'absence qui questionne la vie du couple et redessine celle de toute la famille.

Chaque jour, aux bords de la folle, aux limites de la douleur, Anne attend le bateau qui lui ramènera son fils. Pour survivre, elle lui écrit la fête insensée qu'elle offrira pour son retour. Telle une tragédie implacable, l'histoire se resserre sur un amour maternel infini.

Avec Une longue impatience, Gaëlle Josse signe un roman d'une grande retenue et d'une humanité rare, et un bouleversant portrait de femme, secrète, généreuse et fière. Anne incarne toutes les mères qui tiennent debout contre vents et marées.

« C'est une nuit interminable. En mer le vent s'est levé, il secoue les volets jusqu'ici, il mugit sous les portes, on croirait entendre une voix humaine, une longue plainte, et je m'efforce de ne pas penser aux vieilles légendes de mer de mon enfance, qui me font encore frémir. Je suis seule, au milieu de la nuit, au milieu du vent. Je devine que désormais, ce sera chaque jour tempête. »
En Bretagne, la veuve d'un pêcheur épouse le pharmacien du village. Son fils, issu de son premier mariage, ne trouve pas sa place dans cette nouvelle famille et choisit de partir en mer, comme son père. Une longue attente commence pour la narratrice qui, pour tromper son ennui, imagine le grand banquet qu'elle offrirait au retour de son enfant. Prix du public 2018 du Salon du livre de Genève. ©Electre 2019
Format : Broché
Nb de pages : 190 pages
Poids : 222 g
Dimensions : 13cm X 20cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-88250-489-0
EAN : 9782882504890

Du même auteur : Gaëlle Josse