Une vieille histoire : nouvelle version

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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 369 pages
Poids : 399 g
Dimensions : 14cm X 21cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-07-277684-7
EAN : 9782072776847

Une vieille histoire

nouvelle version

de

chez Gallimard

Collection(s) : Blanche

Paru le | Broché 369 pages

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Les libraires en parlent

Chronique Page des libraires, rédigée par Stanislas Rigot Librairie Lamartine (Paris 16e)

Douze années après Les Bienveillantes (Folio), Jonathan Littell revient sur le devant d’une scène qu’il n’avait jamais vraiment désertée (citons entre autres ses Carnets de Homs chez Gallimard ou son film Wrong elements sur les enfants soldats). Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas choisi la facilité avec ce roman à l’approche désarçonnante. Jugez plutôt. Un personnage nage dans une piscine, s’en extrait, revêt un survêtement, ouvre une porte et se met à courir dans un couloir nécessitant son attention car jamais vraiment rectiligne, couloir vraisemblablement en intérieur. Il court jusqu’à ce qu’il heurte une poignée ; il appuie sur celle-ci, ouvre la porte et se retrouve dans « un jardin familier ». La scène qui suit est la première d’une série de cinq scènes que le personnage (homme ? femme ? les deux ? enfant ?) va vivre, scènes successives qu’il reliera en courant dans un couloir et en ouvrant une porte après avoir découvert une poignée. Au bout de la cinquième scène, il regagnera la piscine. Dans chacune de ces histoires, des motifs vont revenir, de manière assez récurrente pour que le lecteur tente de dessiner différents liens sans jamais que le récit ne donne un semblant d’explication. Et lorsque la seconde partie débute et que notre personnage sort de la piscine, les scènes vont se présenter à nouveau, jamais les mêmes mais jamais différentes, les échos entre les scènes se démultipliant avec les échos de la partie précédente. Et le texte de devenir littéralement hypnotique, porté par une langue d’une fluidité souvent désarmante, une langue à la poésie chirurgicale, à la violence parfois sourde, parfois explosive, à la sexualité aux multiples déclinaisons, la narration n’ayant de cesse de détailler encore et toujours nos rapports à l’autre, les fondements d’une humanité malmenée.

Quatrième de couverture

Une vieille histoire

Sous le titre, ces mots : « nouvelle version ». Que veulent-ils donc dire ? « Nouvelle » renvoie, de toute évidence, à une autre version, « originale ». Mais quel écart veut-on ainsi marquer ? Le « nouveau » livre efface-t-il le « premier », qui n'en serait dès lors qu'une partie, ou une tentative manquée, incomplète ?

Si l'écriture d'un livre est une expérience, la publication y met un terme, définitif. Or, pour une fois - la parution, en 2012, d'un récit en deux chapitres sous le titre Une vieille histoire -, cela n'a pas été le cas. Pourquoi, je ne sais pas ; toujours est-il qu'un jour j'ai constaté que le texte, comme un revenant, continuait mystérieusement à produire. Il a donc fallu recommencer à écrire, comme s'il n'y avait pas eu de livre. Curieuse expérience.

Plutôt qu'une continuité, un changement de plan. Demeure le dispositif : à chaque chapitre, sept maintenant, un narrateur sort d'une piscine, se change, et se met à courir dans un couloir gris. Il découvre des portes, qui s'ouvrent sur des territoires (la maison, la chambre d'hôtel, le studio, un espace plus large, une ville ou une zone sauvage), lieux où se jouent et se rejouent, à l'infini, les rapports humains les plus essentiels (la famille, le couple, la solitude, le groupe, la guerre). Ces territoires parcourus, ces rapports épuisés, la course s'achève : dans la piscine, cela va de soi. Puis, tout recommence. Pareil, mais pas tout à fait.

Or sept, ce n'est pas juste deux plus cinq. La trame, qui tisse entre eux la chaîne des territoires et des rapports humains, se densifie, se ramifie. Les données les plus fondamentales (le genre, l'âge même du ou des narrateur/s) deviennent instables, elles prolifèrent, mutent, puis se répètent sous une forme chaque fois renouvelée, altérée. La course, stérile au départ, devient recherche, mais de quoi ? D'une percée, peut-être, sans doute impossible, ou alors la plus fugace qui soit, mais d'autant plus nécessaire.

Du même auteur : Jonathan Littell