Voyage en Pologne
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Fiche technique

Format : Broché
Nb de pages : 380 pages
Poids : 432 g
Dimensions : 15cm X 22cm
Date de parution :
ISBN : 978-2-08-124139-8
EAN : 9782081241398

Voyage en Pologne

de

chez Flammarion

Paru le | Broché 380 pages

Tout public

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traduit de l'allemand par Nicole Casanova


Les libraires en parlent

Chronique Page des libraires, rédigée par HURARD LAURENCE, Librairie LETTRE ET MERVEILLES, Pontoise

Médecin, écrivain, dramaturge et journaliste, cet écrivain observe le monde de l’entre-deux-guerres avec acuité. Sensible aux pogroms dont sont victimes les juifs à Berlin, Alfred Döblin entreprend de visiter la Pologne en train où vit une communauté de trois millions de personnes. Durant deux mois à la fin de l’année 1924, il sillonne les villes principales de ce pays longtemps opprimé. Varsovie d’abord, capitale de ce pays enfin indépendant depuis 1918. Comment les traces de l’occupation russe et allemande commencent-elles à disparaître ? Une immense cathédrale construite par le tsar lui apparaît comme un vaisseau monstrueux en cours de destruction. Il s’aperçoit vite à ses dépens que la langue allemande est honnie et rencontre des difficultés pour communiquer. Mais la modernité de la ville si vivante tranche avec le quartier juif qu’il aborde comme une terra incognita. En effet, si lui-même est juif, Alfred Döblin a vécu dans une famille peu versée dans les traditions. Toutefois, il connaît l’antisémitisme. En tant que soignant, il est frappé par la saleté qui règne dans les rues aux façades délabrées. La pauvreté règne en maître dans les cours des immeubles où la tuberculose sévit. Il campe sur le vif des portraits d’hommes, rabbins ou commerçants très actifs. « C’est un peuple, un peuple d’exilés » que la Pologne accueille depuis le XIIIe siècle observe l’auteur, dont les digressions historiques permettent de connaître l’histoire de cette communauté avant sa disparition. Au quotidien, l’enseignement en yiddish aux garçons et aux filles lui semble un enfermement. À la veille du Grand Pardon, Alfred Döblin se mêle à la foule « houleuse » et écoute les mélopées des prières au cimetière. À Vilnius et à Lublin comme à Cracovie, la communauté paraît mieux intégrée à la population, plus européanisée. Cette image de cohabitation contraste à ses yeux avec le mouvement du retour en Palestine des juifs sionistes. Mais cette même année, Hitler a effectué son premier putsch, avorté certes, mais la marche vers le pouvoir est en marche.

Quatrième de couverture

Voyage en Pologne

« Des champs plats passent furtivement, de petites forêts. Au bord d'un cours d'eau, sous un pont de bois, une paysanne va pieds nus, foulard blanc sur la tête. Qu'est-ce que cela ? Troupeaux de boeufs. De nouveau des terres cultivées. Beaucoup d'oies blanches. C'est la Pologne. »

Un matin de septembre 1924, par la fenêtre du train qui l'emmène de Berlin à Varsovie, Alfred Döblin pose pour la première fois le regard sur la campagne polonaise. Il parcourra le pays pendant deux mois, mû par le désir de comprendre cet État voisin, tout juste sorti des cendres de la Première Guerre mondiale et qu'il connaît mal. Posant sur toutes choses un regard curieux, notant au fil de ses promenades les impressions qui feront la matière de ce livre, il interroge sans relâche ses interlocuteurs : « Quelles forces, quelles puissances organisent l'État ? Qui gouverne, officiellement ou non ? Qui a faim, et qui est rassasié ? »

Alerté par la montée de l'antisémitisme à Berlin depuis le début des années 1920, Döblin accorde une attention toute particulière à la population juive. Le mode de vie de ce peuple ayant sa propre langue, sa propre religion et sa propre culture bouleverse le voyageur, lui-même d'origine juive.

Ce monde décrit par Döblin a cessé d'exister : la guerre et la barbarie nazie ont anéanti la culture juive polonaise et bouleversé à jamais la physionomie du pays. Le témoignage de l'écrivain, façonné par le style puissant qui fait de lui l'un des plus grands auteurs allemands du XX(e siècle, retrace les contours d'un monde disparu.

Biographie

Alfred Döblin (1878-1957), exerçant la profession de médecin à Berlin, fut un écrivain influent dans l'Allemagne de la République de Weimar : son roman Berlin Alexanderplatz, paru en 1929, lui valut une reconnaissance mondiale. En 1933, il quitta l'Allemagne pour la France puis les États-Unis ; en 1945, il fut l'un des premiers écrivains à rentrer d'exil. Il mourut en 1957 à Emmendingen, dans la Forêt-Noire. Ses romans, ses essais, ses textes critiques et polémiques, dans lesquels « la question de l'humain » occupe une place centrale, sont aujourd'hui considérés comme les plus novateurs de sa génération.

Du même auteur : Alfred Döblin