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D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds : chronique familiale

coup de coeur

Auteur(s) : Jon Kalman Stefansson

Traducteurs : Eric Boury

Edition : Gallimard

Collection : Du monde entier

Format : Broché

Nb de pages : 442

Date de parution : 20/08/2015

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coup de coeur Chronique rédigée par Marie Morel (Le Comptoir des Mots)

Après l’éblouissante trilogie d’Entre ciel et terre, le talentueux écrivain islandais récidive avec ce nouveau roman mêlant la chronique familiale de trois générations à l’histoire des terres et mers islandaises...
Remarquablement conté, ce nouveau roman nous transporte avec une incroyable intensité poétique
Bouleversant !

coup de coeur Chronique rédigée par Pascal Thuot (Millepages)

Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d’histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l’ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d’autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c’est précisément à ce croisement de la folie et de l’érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

coup de coeur Chronique Page des libraires, rédigée par Michel Edo Librairie Lucioles (Vienne)

Jadis, Odur le grand-père a fondé le mythe familial en obtenant, à force de volonté, le commandement d’un bateau de pêche. C’est lui aussi, qui, adolescent, a décidé d’attendre de nombreuses années celle qu’il s’était promis d’épouser, Margret. La belle et forte Margret qui vivra le destin de ces femmes de pêcheur condamnées à attendre, anxieuses, parfois jusqu’à la folie, le retour du mari en portant leur enfant. C’était le temps d’avant, celui d’une Islande sauvage et maîtresse de sa destinée. C’est dans les passages consacrés au grand-père que l’on retrouve le plus la puissance d’évocation poétique de Stefánsson. Lorsqu’il évoque Ari et sa jeunesse à Keflavik, Stefánsson se montre plus descriptif, moins lyrique. Il mêle réflexion intime et considérations politiques. Ari est le petit-fils d’Odur. Il est dans l’avion qui le ramène du Danemark, où il a refait sa vie, vers sa terre natale. Sur ses genoux, une enveloppe contenant une photo de lui enfant, ainsi que le diplôme de commandant de marine de son grand-père. Ari a quitté sa ville, sa famille, parce qu’il ne pouvait plus vivre avec ses souvenirs. C’est pourtant bien vers sa mémoire et celle de trois générations d’Islandais qu’Ari se dirige. Les zones restées obscures de son adolescence, mais aussi peut-être les raisons de l’échec de son mariage, les non-dits familiaux, tout ceci s’éclaire progressivement d’un jour nouveau. Le roman se déploie entre la vie du grand-père, la jeunesse d’Ari et son retour à Keflavik. Stefánsson établit un parallèle entre une Islande qui a idéalisé son histoire, ce pays où la rigueur prémunissait contre les influences extérieures et l’uniformisation en cours.

D'ailleurs, les poissons n'ont pas de pieds « Elle est plus belle que tout ce qu'il a pu voir et rêver jusque-là, à cet instant, il ne se souvient de rien qui puisse soutenir la comparaison, sans doute devrait-il couper court à tout ça, faire preuve d'un peu de courage et de virilité, pourtant il ne fait rien, comme s'il se débattait avec un ennemi plus grand que lui, plus fort aussi, c'est insupportable, il serre à nouveau les poings, récitant inconsciemment son poème d'amour. Elle s'en rend compte et lui dit, si je dénoue mes cheveux, alors tu sauras que je suis nue sous ma robe, alors tu sauras que je t'aime. » Ari regarde le diplôme d'honneur décerné à son grand-père, le célèbre capitaine et armateur Oddur, alors que son avion entame sa descente vers l'aéroport de Keflavík. Son père lui a fait parvenir un colis plein de souvenirs qui le poussent à quitter sa maison d'édition danoise pour rentrer en Islande. Mais s'il ne le sait pas encore, c'est vers sa mémoire qu'Ari se dirige, la mémoire de ses grands-parents et de leur vie de pêcheurs du Norðfjörður, de son enfance à Keflavík, dans cette ville « qui n'existe pas », et vers le souvenir de sa mère décédée. Jón Kalman Stefánsson entremêle trois époques et trois générations qui condensent un siècle d'histoire islandaise. Lorsque Ari atterrit, il foule la terre de ses ancêtres mais aussi de ses propres enfants, une terre que Stefánsson peuple de personnages merveilleux, de figures marquées par le sel marin autant que par la lyre. Ari l'ancien poète bien sûr, mais aussi sa grand-mère Margrét, que certains déclareront démente au moment où d'autres céderont devant ses cheveux dénoués. Et c'est précisément à ce croisement de la folie et de l'érotisme que la plume de Jón Kalman Stefánsson nous saisit, avec simplicité, de toute sa beauté.

Jón Kalman Stefánsson, né à Reykjavik en 1963, est poète, romancier et traducteur. Son oeuvre a reçu les plus hautes distinctions littéraires de son pays. Sa merveilleuse trilogie Entre ciel et terre (2010), La tristesse des anges (2011) et Le coeur de l'homme (2013), parue aux Éditions Gallimard, l'a révélé au public français et a consacré l'auteur sur le plan international.

traduit de l'islandais par : Eric Boury

Format : Broché

Nb de pages : 442 pages

Poids : 468 g

Dimensions : 15 cm X 21 cm

Collection(s) : Du monde entier

Editeur : Gallimard

Date de parution : 20/08/2015

ISBN : 978-2-07-014595-9

EAN : 9782070145959

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